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| | Une visite purement professionelle | |
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Victoria Mauer Professeur de vol


Inscrit le : 21 Fév 2008 Messages : 36
| Sujet: Une visite purement professionelle Sam 8 Mar - 16:44 | |
| Ainsi, Victoria Mauer allait enfin rencontrer la maîtresse incontestée des potions : Circé Hawthorne. En réalité, elle ne le faisait pas par plaisir, même au contraire, savoir que cette femme pouvait la surpasser dans son premier domaine de prédilection, ne la mettait pas dans son estime. Même s’il fut un temps, où la renommée de Victoria pour les potions fut grande, avant qu’elle ne manque de s’empoisonner, jamais elle n’avait égalée celle du professeur de potions de Poudlard. Jamais elle ne pourrait s’en faire une amie, même si désormais, elle ne pratiquait plus cet art.
Cependant, en toquant à la porte de la demoiselle, Victoria avait un but bien précis et purement professionnel ; elle voulait lier les deux matières qu’étaient les potions et le vol d’une manière bien singulière. Pour cette rencontre, Victoria s'était vétu de sa robe préférée, celle qui jurait on ne pouvait plus avec son teint, une grande robe bleu à large décolté, et avec tant de bijoux, que l'on aurait juré entendre une fanfart de grelots à l'approche de la femme. Personne ne pouvait comprendre ce manque de goût aussi évident. Lorsque enfin la porte s’ouvrit, Victoria aperçut pour la première fois son ex rival, Circé. Instinctivement, ses longs cheveux noirs ne lui inspirèrent que dégoût, ainsi que tout le reste, pourtant gracieux de son corps. Elle la connaissait forcément de réputation, et avant qu’elle n’ait pu, s’étonner de cette rencontre, le professeur Mauer commença :
-Bien le bonjour, Mlle Hawthorne, oui, je suis bien celle que vous croyez, Victoria Mauer. En réalité, si je vous rends visite, ce n’est pas pour parler potions, vous devez déjà savoir que je ne pratique plus depuis quelques années cet art…
Son ton se voulait plus que glaciale, et hautain, jamais elle ne montrerait quelconques signes de faiblesses à son égard, même si comme elle le pressentait, Circé évoquerait son empoisonnement.
-… Depuis peu moi aussi j’enseigne dans ces murs. En faite, je succède au professeur Dablord et Delarose pour les cours de vol, un art tout aussi noble que les potions n’est-ce pas ?
Elle se retenait de dire ’bien plus‘. Elle n’attendait pas de réponse de la part de Circé à cette question, de toute façon, c’était de la rhétorique pur et simple, Victoria ne lui laissait le choix que de s’accorder à elle. Aussi, sans attendre de réponse, elle enchaîna :
- Voici le but de ma visite : une idée, peut être diriez vous insensée, m'a traversée l’esprit : J’aimerai faire voler les deuxième et troisième année en altitude. Bien entendu, pour cet exercice, il nous faudrait une potion élémentaire, de respiration dans cette zone dénuée d’oxygène. Ne voudriez vous pas, si cela entre dans votre programme bien sur, leurs faire créer leur propre potion, qu’ils devront emmener au cours de vol ?
Victoria jugea du regard la femme. Qu’elle accepte ou non sa requête, ne changera en rien son estime pour elle. Cependant, cela arrangerait déjà leurs liens professionnels. De toute façon, Victoria n’était pas à même d’aimer ses collègues, bien qu’elle mette un point d’honneur à rester en bonne relations professionnels avec eux…
Dernière édition par Victoria Mauer le Sam 17 Mai - 14:10, édité 1 fois |
|  | | Circé Hawthorne Professeur de Potions


Inscrit le : 30 Juil 2007 Messages : 30
| Sujet: Re: Une visite purement professionelle Lun 5 Mai - 16:27 | |
| La joue appuyée contre sa main, Circé corrigeait avec ennui les devoirs de ses cinquièmes années qui, pour ne pas changer les bonnes habitudes, s’étaient encore surpassés. Elle était connue pour noter sèchement et son barème se réduisait à chaque nouveau tracé. A ce rythme la dernière copie, aussi bonne fut-elle, risquait de tomber dans le négatif. Ces pages couvertes d’inepties ne valaient pas la peine d’être lues, il aurait fallu les brûler, les froisser au pied d’une potence et en faire le bûcher de leurs auteurs indignes, des demeurés qui seraient bien plus utiles derrière un comptoir qu’à demi avachis sur un bureau. Mais que voulez-vous, il fallait entretenir la nouvelle génération, pour les rares exceptions qui méritaient d’être sauvées… Et où étaient-elles ces exceptions ? Pas entre ces lignes trop lisibles qui affirmaient que l’ellebore prévenait les indigestions – Etait-il nécessaire de signaler l’erreur cependant ? Elle était là pour transmettre son savoir à ceux qui l’écoutaient, pas pour sauver des vies – et que des écailles d’hydre entraient dans la composition d’un aiguise-méninge – quoique le résultat pouvait être assez amusant si l’on allégeait la préparation d’un demi gramme de poudre de scarabée… Si la bêtise rendait aveugle, elle se serait mise au braille depuis longtemps. Si la bêtise rendait aveugle… Elle s’interrompit. Une lueur étrange s’anima dans son regard. Avec du sang de troll, un bouquet de fougères femelles, quelques aconit et… et… Elle se leva brutalement, sa main tendue tourna, pensive, devant ses étagères garnies de bocaux. L’ingrédient clef de cette recette serait du…
Et c’est à cet instant précis, cet instant béni où l’inspiration éploie ses ailes, qu’on frappa à sa porte. Elle laissa retomber son bras. Personne ne lui rendait jamais visite. Les élèves l’évitaient, les professeurs avaient compris depuis longtemps qu’elle n’avait aucune envie de s’encombrer d’une entente formelle entre collègues et Kragen attendait probablement un signe de sa part ou du moins un motif de poids pour s’aventurer dans son repère… Sa poitrine se souleva silencieusement. Elle regagna son fauteuil, ouvrit la porte d’un coup de baguette. L’importun était une femme qu’elle n’avait encore jamais remarqué à Poudlard mais dont le visage ne lui était pas inconnu… Elle ressemblait à cette figure qui avait fait couler beaucoup d’encre quelques années plus tôt dans ces magazines spécialisés de potion qu’elle feuilletait avec mépris à ses heures perdues. Son dernier exploit connu avait été jusqu’à retenir la gazette du sorcier et les bibles hebdomadaires des crieurs de rue et des nids de commères. Victoria Mauer, maîtresse de potions la plus plébiscité du moment, s’était lamentablement empoisonnée avec sa propre préparation. Malheureusement, elle n’avait pas eu la décence d’en mourir, et elle osait se présenter devant elle… Son regard en disait long tandis que la jeune femme aux douteux apprêts tentait de s’imposer pour prévenir d’éventuels sarcasmes. Si elle se souvenait de son petit accident ? Il l’avait beaucoup amusée, et un sourire railleur emprunt de cruauté le signifia. Elle aimait entendre les mésaventures des prétendus experts qui fleurissaient chaque mois, aussi sûrement que les mauvaises herbes, dans les revues sorcières jusqu’à ce que l’Art des potions reprenne ses droits. Les amateurs et les génies de première heure ne gardaient jamais leur place. Leur fin était souvent navrante, tous n’avaient pas la chance de bénéficier d’une main vengeresse comme la sienne pour qu’elle soit organisée proprement… Souvenez-vous de l’explosion qui, près de vingt ans plus tôt, avait secoué tout un secteur de l’allée des embrumes…
Son sourire railleur se ternit en un pli méprisant lorsque la dispensable survivante osa comparer sa matière et le vol sur balai… L’insulte était grave. Etait-elle assez folle pour dévaloriser son Art ? Pour la poser sur le même seuil d’égalité que ces amuseurs populaires qui palliaient leur pauvreté magique et intellectuelle par l’acrobatie ? Le visage de Circé, étroitement fermé, devenait ouvertement hostile. Que cherchait-elle ? A lui donner de nouvelles raisons de la tuer ? Si elle n’était pas dans son bureau, attachée à sa condition de professeur, rien ne l’aurait retenue. La sombre dame était une faucheuse impulsive, sans état d’âme. L’atmosphère s’enveloppait d’une aura meurtrière et, sensible à son éveil prédateur, son mamba noir se détacha lentement de sa branche pour observer la scène avec attention. Du coin de l’œil, la Fourchelangue retint son reptile, les fastes sanglants devraient attendre. Elle ne voulait pas perdre prématurément sa place, et surtout risquer le scandale public. Ses pulsions réfrénées s’exprimaient à travers la contrariété visible et inquiétante de l’animal. Glaciale, sévère et placide, elle écoutant la tirade de ce qui perdait difficilement son dangereux statut de proie. Mauer venait par son insolence de compromettre son existence et de se sauver. Circé aurait trouvé peu de remparts à ses instincts primitifs si elle n’avait pas eu l’aplomb d’enchaîner aussitôt par une demande clairement formulée. Pourquoi tergiverser ? Pour satisfaire une fierté mal placée ? Quelques tendances suicidaires ? Ne jamais jouer avec la descendante Hawthorne était pourtant une règle d’or pour qui voulait sortir vivant d’un entretient avec elle… Personne ne l’avait jamais avec une telle prétention, une telle bêtise, depuis longtemps. Et ceux qui se l’étaient permis n’étaient plus en mesure d’en décrire les conséquences. Puisqu’elle semblait la connaître, n’avait-elle pas été prévenue ? S’imaginait-elle, comme certains idiots moribonds, qu’elle l’épargnerait parce qu’elle était Autre ? Et elle lui demandait d’adapter son programme sur ses cours… Son expression s’adoucit légèrement. D’une voix lente et profonde, elle déclara après un silence pesant :
- Je ne pense pas que l’on puisse parler de cours, et encore moins d’Art en ce qui concerne vos performances aériennes. D’ailleurs… Méfiez-vous, à trop vous élever, vous finirez par manquer d’air pour de bon… Potion ou pas, finit-elle, tranchante et appuyée.
Le message était clair. Si Mauer s’autorisait une réplique, elle déclencherait son crime prémédité. En attendant, devait-elle répondre favorablement à sa demande ? Elle ne semblait pas très disposée. Venant du professeur de botanique ou de soin aux créatures magiques elle aurait pu l’envisager, mais… quel était l’intérêt de rapprocher vol et potion ? Quel était l’intérêt pour ses cours à elle ? Si des élèves faisaient une mauvaise chute, elle aurait simplement une classe plus réduite, et des copies stupides en moins. Elle tira cependant un épais grimoire de ses tiroirs et elle l’ouvrit à la page appropriée, qu’elle retrouva de tête à une vitesse assez impressionnante.
- Les potions élémentaires ne sont pas au programme des deuxièmes années, déclara-t-elle sans passion. Celle-ci est prescrite lors d'expéditions en montagne, mais pour un simple exercice de vol, ne croyez vous pas que ce serait un terrible gâchis ?
Elle eut un sourire mauvais, un regard direct et insistant. Cette pimbêche serait-elle capable de la convaincre sans s’attirer ses foudres funestes ? Jamais elle ne lui accorderait une partie de ses talents aussi facilement, surtout pas après une pareille entrée.
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|  | | Victoria Mauer Professeur de vol


Inscrit le : 21 Fév 2008 Messages : 36
| Sujet: Re: Une visite purement professionelle Sam 17 Mai - 15:19 | |
| Victoria n’était pas dupe et connaissait de réputation la dame qu’elle venait visiter. Elle savait que si la sombre femme ne faisait pas les couverture des magazine comme elle auparavant, ce n’était pas pour un quelconque manque de talents, ses divers crimes auraient fait (de loin pensait Victoria) couler plus d’encre que ses potions, aussi empreintes de talent soient elles. Elle était donc parfaitement consciente du danger qu’elle encourait à venir déranger la fourchelingue et son mamba chéri. Aussi, avait-elle prit des précautions bien qu’elle n’estimait pas en venir aux armes.
En combat singulier, si elle prenait garde de ne pas se faire empoisonner bêtement par une quelconque lame, où en acceptant de boire, aux cotés de la venimeuse, elle était sur de gagner, de part l’efficacité de ses sortilège. Seulement, elle n’était pas de taille à l’affronter elle, plus le mamba, qu’elle nourrissait sûrement de potions dont elle seule connaissait l’effet. Victoria avait toujours su qu’on pouvait livrer un combat uniquement à l’aide de potions. Aussi, s’était elle emprunt d’Epilocta Siriona une potion de son invention, de l’époque où elle pratiquait. Circé Hawthorn connaissait forcement, elle en avait tant parlé aux cours d’interview. Peut être une des potions pour laquelle son interlocutrice la détestée réellement. L’odeur était perceptible, juste assez pour que Circé la détecte, et qu’elle ne lui envoie pas son serpent. Epilocta Siriona était un poison destinée particulièrement aux serpents, bien que son efficacité soit prouvé sur d’autres animaux, certains se prêtent même à dire que des dérivées de la boisson Mauer était utile contre les vampires, mais cela n’était plus du ressort de Victoria. A ce jour, il n’y a pas d’antidote (du moins aucun recensé), la potion était parfaite, et elle avait mis tout son savoir pour que personne n’en trouve jamais. Si le serpent la mordait, il mourrait dans d’atroces souffrance dans la minutes qui suivrait sans que sa maîtresse ne puisse faire quoique ce soit, et elle connaissait suffisamment les fourchelingues pour savoir que perdre son serpent équivalait pour eux à perdre un bout d’âme, la sorcière ne le sacrifierait sûrement pas pour elle. Cela dit, elle ne préférait pas savoir l’état qu’elle-même serait après avoir subit une morsure, mais si cela venait à se produire, elle se jugeait capable de faire mourir l’araignée avant que le poison ne l’achève.
L’entretien avait commencé et déjà, Circé semblait décidé à l’achever en beauté. Elle ne savait si c’était Epilocta Siriona ou alors tout simplement son statut de professeur qui la poussa a renvoyer son serpent au fond de sa loge. De toute manière, cela était préférable pour elles deux. Circé prit ses propos en insultes via les potions, ce qui ne l’étonna guère. En réponse, la femme aux grelots tendit un bras en avant, eut un geste étrange, et sans qu’elle n’ait besoin de sortir sa baguette, la porte de Circé resté ouverte se ferma sur les deux jeunes femmes. Une application de l’effet papillons, qu’il fallait pour maîtriser, de nombreuses années d’études, dans l’art du vol et de la lévitation. Elle aimait à montrer ses talents, surtout face à des adversaires de taille, même si elle savait pertinemment que le petit tour n’aura aucun effet sur Circé qui n’avait qu’à sortir sa baguette pour en faire autant.
-En réalité, je n’ai que peut de considération pour le vol en balai s’il est emprunt d’une forme d’art et de recherche artistique, s’il est utilisé pour l’amusement, comme c’est le cas au Quidditch je n’en ai aucune, et j’essayerai d’enseigner véritablement la lévitation aux enfants. Vous savez, savoir voler ne signifie nullement pour moi, être capable de soulever un balai. Mais de savoir utiliser les vents comme force primitive. Si l’on veut être capable d’utiliser les vents comme armes, il faut savoir déjà l’utiliser comme atout et il est nécessaire en début de parcours de savoir s’en servir pour s’élever, par exemple sur un balai. Cela dit, on peut utiliser le vent dans beaucoup de domaine, comprenant les potions, et c’est pour cette raison qu’il est si dur de réaliser une Epilocta Siriona correcte et encore plus un antidote.
Elle prit une note de sarcasme quand à l’évocation de la potion gardienne de sa survie. Mais Mauer en faisait trop, elle s’était pourtant promise de ne pas aller dans le chemin de la provocation avec Circé . Pour illustrer ses dires elle souffla légèrement sur la paume de sa main, et une petite tornade s’y forma après qu’elle eut murmuré très légèrement quelques mots, accompagné de gestes de son autre main. Elle la fit glisser dans le chaudron vide le plus près pour lui faire comprendre à quel point cela pouvait être utile dans l’élaboration de certaines potions.
-Je pense au contraire qu’il serait intéressant de lier nos deux matières, pour le cursus des enfants.
Elle jugea du regard, fier sa sombre adversaire, et lui tendit la balle. Elle espérait ne pas avoir commise de faute qui pourrait lui coûter cher… |
|  | | Circé Hawthorne Professeur de Potions


Inscrit le : 30 Juil 2007 Messages : 30
| Sujet: Re: Une visite purement professionelle Mer 4 Juin - 1:48 | |
| Des effluves insinuantes perçaient ses narines et aiguisaient une colère qu’elle sentait sourdre de tous les pores de sa peau. Son odorat subtil pouvait les décomposer à chaque nouvelle inspiration. Les éléments se découpaient, rejoignaient l’esprit exercé de la Maîtresse, et révélaient les effets du baume dont s’était induite l’imprudente insolente. Elle reconnaissait évidemment les effets de sa glorieuse création, celle qui avait déclenché de si vives passions dans les revues, et, qui avait, comme toujours lorsque les médias s’emparent d’une nouveauté, délié les affabulations les plus absurdes. Circé s’en souvenait parfaitement, et toute l’inimitié qu’elle avait nourri à l’égard de cette créatrice odieuse la glaçait au plus profond de ses entrailles. Cette potion, aussi habile fût-elle, était d’une bêtise complète. Victoria Mauer avait à l’évidence toute la prétention de son espèce. Il était tellement plus facile de classer les animaux dans une sous catégorie de vivants, de les tuer au même titre qu’un homme alors qu’ils n’obéissaient qu’à leurs instincts. Face à Circé Hawthorne, on ne plaisantait pas avec la vie d’un animal, surtout s’il appartenait à la catégorie reptilienne. Son lien particulier, privilégié avec les serpents, son mépris de la race humaine, déviaient ses jugements de valeurs. Sous des dehors civilisés se dissimulait une âme sauvage et bestiale. Ceux qui, comme sa chère collègue, avaient un jour attisé sa colère pouvait en témoigner. Au-delà d’un certain palier, la communication était définitivement brisée, elle n’était plus qu’un animal dans un corps de femme…
L’obsédante litanie du verbe tuer tournait dans sa tête, enveloppé dans le parfum honni et, comme elle ne bougeait pas, son mamba refrénait difficilement ses pulsions meurtrières. S’il se jetait sur la jeune femme, il la supprimerait sans mal, son venin était puissant, et cette idiote n’avait cherché qu’à venger la sauvagerie de ses assaillants à travers sa potion. Les animaux ne se posaient pourtant pas de questions avant d’attaquer, même les plus venimeux, s’ils ne se faisaient pas digérer, trépassaient, surpris par la fulgurance d’une attaque. Il était plus sage de se mithridatiser à force se s’injecter des poisons. Le résultat était plus long à obtenir, mais plus durable et plus juste… La demoiselle Mauer n’avait rien à craindre de son serpent cependant, elle préférait généralement régler ses « problèmes » par ses propres moyens. La prudence de sa collègue n’était par conséquent qu’une provocation de plus. Une provocation de bien mauvais goût, qui ne faisait qu’aggraver son cas. La suite ne fut qu’une accumulation d’erreurs grossières, suicidaires. Victoria multiplia insultes et provocations, en fermant la porte de Son bureau à l’aide de ses petits pouvoirs, qui n’avaient évidemment rien pour impressionner une créature qui ne jurait que par les potions. Elle lui expliqua ensuite sa conception des cours de vol, dont elle se fichait éperdument, et se permit de lier ses capacités aux potions, en citant éhontément la sienne. La pique était volontaire. Elle allait décidément bien trop loin… Derrière son immobilité marmoréenne, son regard semblait s’enfoncer dans l’abîme de son âme, s’affuter sur la dureté de son cœur…
- Je connais mon métier…, siffla-t-elle mauvaise en détachant chaque syllabes.
Elle ne releva pas la provocation. C’était inutile. La cruelle femme ne s’intéressait pas aux joutes verbales. Victoria pouvait se fourvoyer, elle lui laisserait cette vaine satisfaction, puisqu’elle se condamnait. Circé parlait pour imposer le silence, pour maîtriser la conversation et sa collègue avait outrepassé les « règles » de très loin. Elle suivit son petit manège d’un calme inquiétant. La petite tornade rejoignit l’un de ses chaudrons, et la jeune femme paradait toujours, sans se démonter. Elle paierait et déjà, il lui semblait percevoir l’odeur de son sang, les battements de son cœur… Elle inspira profondément. Elle devait souvent refouler ses pulsions, mais, malgré l’habitude, elle en tirait toujours la même frustration… Bientôt soufflée par le plaisir de torturer l’autre, avant de le consommer. Sa mâchoire se desserra et, d’un ton sans réplique :
- Si vous continuez ce petit jeu Madame, il ne sera plus question pour moi de lier nos matières mais de vous lier à la terre. Je crois que vous n’avez pas très bien compris à qui vous avez affaire. J’ai ici de quoi vous supprimer d’un claquement de doigt. Vos petits courants d’air stupides n’y feront rien et si par miracle je me retenais, vous ne serez plus jamais à l’abri d’une mort prématurée. – Son regard devint plus pénétrant. - Je crois que vous arrivez très bien à vous empoisonner toute seule, vous donner un peu d’aide la prochaine fois ne devrait donc pas poser beaucoup de problème… Elle eut un sourire terrible, une grimace tirée par la cruauté la plus pure. Après un silence, elle prononça d’une voix presque caressante cette injonction surprenante : - Maintenant agenouillez-vous. Oui, vous avez parfaitement comprise… et taisez-vous, finit-elle en retrouvant toute sa brutalité.
Il était évident que Victoria avait tout intérêt à se plier à ses ordres. Poussée dans ses derniers retranchements, la terrible Hawthorne n’attendait qu’un signe de rétraction pour mettre ses menaces à exécution. Elle n’hésiterait pas. Elle n’hésitait jamais. Il était temps d’apprendre à cette impudente l’humilité, de lui faire ravaler cette fierté qu’elle lui avait vulgairement craché au visage, et de retrouver ses droits.
- La maîtrise des vents est un art délicat que des élèves de premier cycle arrivent jamais à le maîtriser, enchaîna-t-elle, sévère, comme si la conversation devait se poursuivre tranquillement. Il serait absolument inconscient Madame de pratiquer cette magie en potion. Il suffit d’une erreur, d’une baisse momentanée de concentration pour que la préparation prenne une tournure différente ou vous gicle au visage. De grands sorciers ont lourdement payé ce type de combinaisons magiques et mes élèves ne se démarquent pas par leur génie. Si les potions préparées en cours sont un fiasco ne venez pas vous plaindre… - Ses lèvres prirent un pli étrange, inquiétant. - J’accepte votre demande chère collègue, mais comme vous le savez, tout service rendu se paie tôt ou tard…
Mauer voulait son aide… Elle l’obtiendrait, et, désormais, le marché était conclu. Elle n’avait plus le choix. Leurs matières comme leurs destins seraient liés. Cette idiote méritait bien une longue torture mentale… _________________
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