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| | Un petit-déjeuner comme les autres | |
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| Auteur | Message |
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Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


Inscrit le : 16 Jan 2008 Messages : 72
 | Sujet: Un petit-déjeuner comme les autres Lun 4 Fév - 13:52 | |
| Une tartine couverte de marmelade, un bol de chocolat, et un verre d'eau glacée au citron : c'étaient là les seuls mets que s'autorisait Lucile en ce matin de février. Les rayons du soleil, qui brillait déjà haut dans le ciel magique du plafond, donnaient un dangereux éclat aux croissants dorés qui la narguaient insolemment, et le délicieux parfum qui s'exhalait des saucisses grillées la mettait au supplice, mais elle tenait bon. Sa mère et ses soeurs lui avaient répété des centaines de fois ce que toutes les femmes de la lignée Spencer savaient depuis l'enfance : cède pour quelques minutes de plaisir, et tes hanches te le feront regretter toute ta vie. Aussi, son estomac pourrait s'égosiller à crier famine, ses yeux pourraient tomber de leurs orbites à force de rester fixés sur ces damnés pains aux raisins, elle ne cèderait rien. Plutôt manquer un rendez-vous chez le coiffeur que de risquer de ressembler à cette grosse patate assise à l'autre bout de la table.
Lucile venait de sceller cette bonne résolution en mordant fermement dans sa tartine, quand un majestueux hibou grand duc vint se poser devant elle. Un coup d'oeil à son collier de rubis lui suffit pour le reconnaître.
- Apollon, murmura-t-elle avec un sourire en caressant doucement la tête de l'oiseau.
De tous les hiboux qu'elle possédait, il n'y avait que lui pour voltiger avec tant de grâce, ou pour tendre la patte avec cette rare distinction. Tout en détachant d'une main le parchemin qu'il lui portait, elle lui tendit, de l'autre, un bout de sa tartine. Tartine qui n'avait pas l'air de lui plaire autant que la belle tranche de bacon qui trônait fièrement à côté, mais après tout, si elle ne pouvait pas manger ce qui lui plaisait, elle ne voyait pas pourquoi il y aurait droit.
Pendant que le pauvre oiseau louchait désespérément sur le bacon, Lucile commença la lecture de sa lettre, venant de sa mère mais écrite par sa secrétaire, elle le devinait. Elle venait de décrocher un contrat avec une grande maison de couture italienne, Gnucci, connue pour ses robes de soirée belles à se damner, et qui la voulait pour styliste exclusive de sa nouvelle collection. Tout allait bien pour son père, qui venait de rentrer d'une session de conférences à Bangkok. Maddison avait enfin choisi la couleur des fleurs que ses demoiselles d'honneur porteraient le jour de la cérémonie, mais elles n'allaient pas avec les robes, et il allait falloir tout recommencer. Righley, elle, venait de se séparer de son nouveau petit ami, Giorgio, un photographe au corps d'athlète et au bronzage parfait mais qui avait eu la très mauvaise idée de critiquer sa nouvelle coiffure. Quant à Suzanne, que dire sur Suzanne? Il suffisait de lire les derniers journaux à scandale pour apprendre ce qu'elle avait encore inventé. Apparemment, danser à moitié nue au balcon d'une boîte de nuit était à la dernière mode à Beverly Hills.
Aussi intéressants qu'ils soient, Lucile aurait adoré continuer à lire les bavardages de sa mère, mais, heureusement pour elle, ils s'arrêtèrent enfin pour laisser place au sujet le plus important : elle.
Ton père est si fier de ta Répartition, rien au monde ne pourrait l'enchanter plus, à part cette fusion dont il me rebat les oreilles depuis des mois. Tout le monde nous envie. Quand je l'ai annoncé à Ruth Hogart, l'autre soir, elle a failli avaler son caviar de travers. Il y a de quoi : son fils est allé à Poufsouffle. Demande tout ce que tu voudras, et tu l'auras. Tant que tu n'adresses par la parole à ce petit Hogart.
Tout ce que tu voudras, et tu l'auras? Lucile releva la tête de la lettre de sa mère, et sourit à Apollo, qui la fixait d'un air suppliant. Avec un soupir satisfait, elle lui tendit l'assiette de bacon. Elle pouvait bien se permettre quelques libéralités, la journée s'annonçait si belle. _________________ Lovely Drama Queen.
Vous m'enviez, ne dites pas le contraire.
RP : The Serpy Horror Show - Salle Commune Cours de Soins au Créatures Magiques Un petit-déjeuner comme les autres - Grande Salle |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


  Age : 20 Inscrit le : 29 Jan 2008 Messages : 181 Localisation : Je ne suis pas une plante verte, je bouge Feuille de personnage Points de vol:
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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Sam 23 Fév - 16:47 | |
| De longues tables alignées, peuplées de gens de anonymes, une lueur diaphane et claire, presque immatérielle qui perçait à travers les immenses vitres de la grande salle. Il ne fallait pas oublier la foultitude d'odeurs appétissantes qui assaillait le nez des attablés et un vrombissement indicible composé de sons divers plus ou moins humain. Voilà qui décrivait bien l'ambiance des petits déjeuners. La plupart avait encore trop la tête dans leurs rêves de tantôt pour mener une conversation à bien intelligible et beaucoup semblait comprendre que cela nécessitait donc le silence.
Pas son voisin apparemment. Ce dernier s'exprimait à grand renfort de métaphores douteuses qui n'auraient pas manqué de faire lever un sourcil dubitatif au jeune Ashfog, son visage eût-il été un peu plus expressif. Il semblait que les parents de son voisin de gauche ne se remettait pas de la joie d'avoir réussi ! Oui réussi à faire envoyer leur fils à Serpentard ! Que c'était là la reconnaissance suprême d'une vie de dur labeur. Owen soupira en finissant sa tasse de café. Son voisin avait de la chance d'être physiquement normal et scolaire potable où il n'aurait pas manqué de se prendre quelques commentaires bien sentis. Pas par Owen mais par le reste du voisinage qui semblait énervé de ce babillage incessant.
Owen ne s'intéressait pas à ce que l'autre racontait tant qu'il ne venait pas lui demander son avis. Le petit brun avait son rituel matinal et n'aimait pas en être dérangé. Il reposa le bol de porcelaine épaisse et blanche pour faire un petit bilan qui lui arracha un petit rire bas, il avait eu un estomac d'ogre ce matin. Pas moins de huit tranches de brioches largement tartinées de miel et ... ben il avait toujours faim. Owen repoussa négligemment les miettes d'une main nerveuse avant d'attraper une longue baguette de pain comme savait les faire les français et la coupa en six tartines de tailles égales. Il remplaça aussi le café au lait par son habituel infusion d'églantine rouge. La boisson était amère et acre mais elle semblait stimuler chez l'enfant ses capacités mnémotechniques. Il n'y voyait là aucune magie mais un bon vieux réflexe de Pavlov façon moldue.
Le Serpentard tapa la tartine vierge de toute garniture sur la table avant de voir apparaître dans la salle un magnifique hibou, lequel portait un collier de rubis. Difficile de passer inaperçu pour le volatile mais Owen doutait que les propriétaires de l'animal souhaitaient la discrétion . Un hibou de Serpentard qui plus est mais cela n'était guère étonnant : l'exposition de richesse et de fastes étaient l'apanage de cette maison. Une sorte de tradition ridicule et vaine comme savait si bien le faire les puissants. Et on lançait aux moins riches de quoi se plaindre tout haut de ceux socialement supérieurs et tout bas crever de jalousie. Owen regrettait parfois que le crever fut au sens figuré, c'était là un autre problème. Le hibou, qui était un magnifique spécimen de grand duc vu de près, était venu se poser près de sa voisine de droite et s'appelait Apollon. Le nom ne manquait pas d'amuser le Ashfog même s'il gardait son visage neutre.
Il se perdit quelques instants dans les reflets du plumage de l'oiseau qui semblait avoir faim par les regards éloquents et séducteurs qu'il adressait à l'assiette de bacon disposé un peu plus loin. Sa voisine semblait affairée à lire la missive transporté par le brave hibou et les nouvelles étaient manifestement bonnes car elle céda à la demande muette ( et pour cause ) de l'oiseau ( ben oui un oiseau ça parle pas... ) en lui accordant le bacon tentateur. La tête comblée d'Apollon fit perdre un instant d'attention à Owen qui trouvait la scène aussi mignonne qu'hilarante, tout occupé qu'il était lui-même à attraper sa troisième tartine de pain. Cependant, c'est ce moment précis que son imbécile de voisin de gauche trouva malin de se rappeler à son bon souvenir.
Correction, l'autre garçon n'était pas physiquement normal, c'était un boeuf ! Un horrible boeuf et impoli avec ça ! "Alors Ashfog ! T'en penses quoi de tout ça ! Moi je te dis que ... Ash?" Ash? Non mais on avait pas gardé les hyppogriffes ensemble par Cliodna ! Et ce n'était pas parce qu'il était compagnon de dortoir que l'autre pouvait se permettre ce genre d'exploits ! Oui parce qu'Owen lui aurait volontier lancé un regard noir si la 'tape amicale' que l'autre garçon avait trouvé malin de lui appliquer n'avait pas envoyé voltiger la tartine de pain sous le nez de sa voisine et la tête ainsi qu'une partie du dos d'Owen sur les genoux de cette dernière.
Les yeux vers le haut, c'est à dire sur Lucile Owen soupira à nouveau sans perdre son air neutre et absolument inexpressif. Il se releva calmement et choisit d'ignorer un temps l'autre serpentard pour s'adresser à sa voisine. Un oeil rapide sur le coté pour voir si le hibou allait bien :
"Je suis ... mille fois désolé de cet incident. Soyez assurée que ça ne se reproduira plus."
La voix morose du jeune garçon avait pris un timbre franchement sinistre. Il se retourna alors vers l'importun :
"Worthless (Wordgess !)... Garde tes mains sur toi." L'enfant peinait à trouver des termes polis mais il venait déjà de déformer le nom de l'autre élève pour l'appeler inutile... Cependant, il ne désirait pas déclencher une scène dès le matin et Worthle... Wordgess n'était pas réputé pour sa grande intelligence ni pour son tempérament calme. Il restait toujours la solution basique mais efficace. "Ce n'est pas de ta faute si ton intelligence n'est pas la moitié de la moitié du quart du tiers du centième de ta grandiose force."
N'importe qui comprendrait qu'Owen venait de le traiter d'abruti mais le temps que l'autre est fini de calculer ce que faisait la moitié de la moiti... bref vous avez compris. C'est donc sans inquiétude ni autre forme de procès qu'il se tourna de nouveau vers sa voisine :
"Encore une fois infiniment désolé. J'espère que l'incident est oublié."
*Et il a intérêt ... pitié, mes oreilles ce matin.* _________________
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|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Sam 23 Fév - 18:53 | |
| Les yeux fixés sur Apollo, qui se délectait de la tranche de bacon qu'elle avait eue la grande bonté de lui accorder enfin, Lucile passait en revue les possibilités qui s'offraient à elle. Mais il faut bien le dire, il n'y en avait pas tant que ça. Quoi qu'on en dise, les petites filles riches ne voient pas toujours la vie en rose : quand on a déjà tout, que peut-on demander de plus? Lucile pouvait bien chercher dans tous les sens, elle ne trouvait rien à exiger de ses parents. Ils lui avaient déjà tout offert. Apollo, qui savait toujours quand elle était ennuyée, la regardait d'un air curieux.
Rien. Elle ne trouvait rien. Il suffisait qu'une idée de cadeau lui traverse l'esprit pour qu'elle se rende aussitôt compte qu'elle l'avait déjà, en au moins cinq exemplaires. Angoissée, mais sans en rien laisser paraître sur son visage lisse, elle venait d'arrêter sur son choix sur un yacht, comme celui qu'avait reçu Righley à son dix-septième anniversaire, quand elle sentit quelque chose lui atterrir sur les genoux. Avec un petit cri, elle laissa tomber la lettre qu'elle tenait et baissa les yeux, pour se rendre compte que ce quelque chose n'était pas un quelque chose, mais plutôt un quelqu'un. Un quelqu'un qui ne lui était pas inconnu, il devait être dans la même année qu'elle.
- Ca ne fait rien, répondit-elle à Owen en poussant du plat de la main les quelques miettes que venait de faire sa tartine en tombant sur la table, mais il y a de meilleures techniques pour engager une discussion, tu sais. Et ce n'est pas la peine de me vouvoyer, il faudrait que je te rende la pareille.
Elle l'avait dit de sa voix fluette et sucrée, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Ce n'est que quand Owen se retourna vers son voisin de gauche pour le traiter de tous les noms que Lucile comprit ce qui venait de se passer. Les sourcils légèrement froncés, elle marmonna quelque chose à Apollo, qui s'était hérissé en voyant Owen tomber sur elle. Les hiboux peuvent être très protecteurs avec leurs maîtres, et il ne faisait pas exception. Après s'être envolé et avoir tournoyé quelques secondes au dessus de la table, il redescendit en piqué pour donner de vigoureux coups de becs sur le crâne du dénommé Wordgess, et repartit aussitôt en direction de la volière.
Avec un grand sourire, Lucile se retourna vers Owen quand il lui parla.
- C'est oublié, oui. Mais pas pour tout le monde, ajouta-t-elle en pointant Wordgess du menton.
Cherchant des yeux sa lettre, qu'elle avait laissée tomber, elle la remarqua, par terre.
- Tu veux bien me passer la lettre qui est à tes pieds? |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Dim 24 Fév - 14:59 | |
| [Appolo ou Appolon ? Tu l’appelles de deux noms différents dans le premier message XD ]
Encore heureux pour lui, et à son plus grand plaisir, sa voisine était intelligente. Ou tout du moins, elle avait l’intelligence de ne pas poursuivre le Ashfog façon bouledogue haineux. C’est donc pour cela que quand elle lui demanda de ramasser la lettre, il s’exécuta avec plaisir. Se baissant, il attrapa la missive qu’il lui tendit, son visage de poupée morne toujours bien en place. … Il n’aurait au moins pas de rides à quarante ans pour trop avoir fait subir de plis à son visage… bref passons.
La demoiselle avait demandé à ce que l’on passa le stade du vouvoiement, c’était une idée comme une autre, surtout pour deux étrangers, même élèves. Il tenta de se rappeler le nom de la demoiselle et finit avec un Lucile… Hayworth ? Le brun n’en était pas sûr mais simplement se présenter corrigerait le souci, c’est pour cela qu’il tendit la main vers sa voisine providentiel de petit déjeuner :
« Et bien en ce cas, permet moi de te tutoyer, Owen Ahsfog, enchanté. »
C’était d’un plat mais on ne pouvait guère faire original dans les présentations et Owen avait une sainte horreur des fioritures, sauf en littérature où celui pouvait devenir un art certain. De plus, son ton peu dynamique aurait pu faire douter de sa sincérité à être ‘enchanté’ mais c’était tout à fait sincère dans la limite des politesses d’usage. Il avait aussi noté le comportement du hibou de la serpentard. L’oiseau avait puni le fauteur de trouble et sa maîtresse avait bien fait sentir que le cas de l’importun n’était pas oublié. Ce dernier était d’ailleurs occupé à remettre ses mèches en place, cherchant le fautif d’un œil mauvais. Il espérait que le garçon ne vienne pas les déranger…
Enfin en matière de platitude, Lucile semblait experte sur la façon de commencer une conversation puisqu’elle lui avait habilement signalé qu’il y avait des façons plus… Quel était le terme qu’elle avait employé ?... ah oui, de meilleures techniques pour engager une causerie. Owen rattrapa la tartine qui était venu voler sous le nez de la blonde et la tapa sur la table avant de reprendre une gorgée de son églantine rouge sang. La boisson amère lui donna un coup de fouet et il asséna un coup de pied sous la table à Wordgess pour lui enjoindre de se tenir tranquille. Le garçon sembla comprendre le message et cessa ses pitreries à vociférer qu’il allait étriper le hibou. C’était un manque de tenue flagrant et un bon moyen de se faire repérer et moquer par des gryffondors… et on ne voudrait pas ça.
« Tu es toi-même en première année, n’est ce pas ? »
C’était une fausse question dont il connaissait la réponse mais il fallait bien trouver un sujet de discussion et il lui devait bien ça après la rencontre ‘percutante’ qu’il avait eu avec la demoiselle. De plus, il fallait bien trouver le moyen de se sociabiliser un tant soit peu dans l'espoir d'avancer dans ce monde étrange. Owen avait qui plus est fort à faire pour rattraper l'image d'un frère chez les rouge et or. _________________
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|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Lun 25 Fév - 11:27 | |
| hj : J'avais même pas remarqué, merci. C'est Apollon.
- Lucile Hayworth, enchantée aussi, répondit Lucile en pressant légèrement, du bout de ses doigts blancs, la main que lui tendait Owen, tu ne serais pas apparenté à Malcolm Ashfog, par hasard?
S'il y avait un nom, parmi tant d'autres, que sa mère prononçait souvent, c'était bien lui. Il confectionnait des vêtements, d'après ce que Lucile avait cru comprendre en n'écoutant ses bavardages que d'une oreille, et elle aurait adoré travailler avec lui au moins une fois.
Prenant le temps de répondre à sa question, qui n'en était pas vraiment une, elle sirota silencieusement une longue gorgée de son chocolat en l'observant du coin de l'oeil. Des cheveux d'un noir profond, des yeux d'un gris d'acier, un visage de poupée : il n'était pas si mal. Beau garçon, et parent du grand Malcolm Ashfog, qui plus est? Si sa mère la voyait, elle la supplierait de lui renverser du chocolat sur sa chemise, parce que, comme tout le monde le sait, toutes les grandes histoires d'amour commencent comme ça. Mais si Lucile aimait à être vue en compagnie de gens beaux, qui mettaient en valeur sa propre perfection, elle n'était pas de nature à courir après les garçons pour vivre une romance digne d'un navet à l'eau de rose.
Elle reposa sa tasse et regarda Owen.
- On était assis ensemble au dernier cours de métamorphose, répondit-elle avec un petit sourire qui signifiait qu'elle appréciait malgré tout son effort de faire la discussion, ta transformation était très réussie, d'ailleurs.
On ne pouvait pas en dire autant de la sienne : sa boîte avait encore des pages. Mais après tout, il y avait des choses plus importantes dans la vie : qu'allait-elle bien pouvoir demander à ses parents?
Elle se prit le menton dans les mains, les yeux levés au plafond qui rayonnait toujours.
- Je peux te poser une question? Imagine qu'on te propose de t'offrir tout ce que tu veux, qu'est-ce que tu demanderais? |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Lun 25 Fév - 17:47 | |
| [HRP : Apollo est aussi le nom d'une navette spatiale, ça aurait pu coller, quoique trop moldu pour la grande famille Hayworth XD ]
Quelle surprise. Non correction : quelle mauvaise surprise. Ainsi la demoiselle Hayworth était familière du nom des Ashfog et pas n'importe lequel... Malcolm, l'oncle Malcolm. Des années de comédie consommées ne trahirent pas Owen qui eut souvent envie de se laisser aller quelques réactions violentes. Pas une réaction en particulier, simplement d'expulser la violence que provoquait ce nom en lui. Mais si il avait su jouer au parfait neveu pendant ces jeunes années, ce n'était certainement pas la mention du nom du richissime Ashfog qui allait lui faire perdre la tête. Aussi, Owen agita gracieusement la tête à la question de la demoiselle Hayworth. Que lui répondre ?
"Je suis effectivement apparenté à Malcolm Ashfog puisqu'il s'agit de mon oncle... et de mon tuteur. Le nom t'es donc familier? L'oncle Malcolm est ce que l'on appelle un très proche parent : je crains même de passer plus de temps en sa compagnie que n'importe quel autre membre de ma famille. "
Il avait hésité à ajouter la dernière phrase mais le brun se devait de bien faire savoir qu'il passait plus de temps avec l'oncle qu'avec sa propre famille. Les gens étant prompt aux raccourcis, ils finiraient vite par en conclure que l'enfant préférait son oncle sans qu'Owen n'ait à exprimer cette pensée répugnante. Il se devait encore une fois d'être le parfait neveu, surtout avec l'adoption qui pointait son nez. Il nota distraitement le commentaire de sa compagne sur le fait qu'elle avait été sa voisine en cours de métamorphose. A moins d'une possibilité de binôme, il se fichait pas mal de savoir qui s'asseyait à coté de lui à condition bien sûr que la personne ait la présence d'esprit de fermer son bec pour le laisser profiter de l'enseignement prescrit. Le serpentard secoua néanmoins la tête et mentit pour la forme, sa voix toujours aussi désespérément sans émotion :
"Ah, maintenant que tu le dis, je m'en souviens effectivement."
En fait, il la voyait effectivement à coté d'elle au cours de jeudi dernier mais cela n'évoquait pas grand chose d'autre en lui qu'une métamorphose raté. Il n'allait cependant pas lui répliquer cela en complément du propre commentaire de la demoiselle sur sa propre métamorphose, pas plus qu'il ne songea un instant à la remercier : il travaillait pour lui-même et certainement pour la reconnaissance d'autrui. C'était un état de fait, sa métamorphose était réussie comme elle aurait pu être ratée.
La question de Lucile le laissa par contre dubitatif. Tout ce que qu'il désirait? La réponse était là évidente pour lui : la disparition de la maison Ashfog mais ce n'était vraiment la réponse à donner. Surtout que Lucile ne venait pas lui demander ça pour lui. Elle avait manifestement posé la question pour des raisons plus personnelles, plus égoïstes. Owen tenta donc d'imaginer une réponse correcte pour la demoiselle :
"Une raison particulière à cette question? Je suppose que je demanderais de pouvoir rencontrer une personne que je n'aurais pas les moyens de rencontrer par mes propres moyens... Ou d'aller poser mes fesses dans le siège du ministre de la magie." _________________
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Dernière édition par Owen Ashfog le Mer 8 Oct - 18:39, édité 1 fois |
|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


Inscrit le : 16 Jan 2008 Messages : 72
 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Mar 26 Fév - 12:08 | |
| Les yeux toujours levés au plafond d'un air rêveur, Lucile n'écoutait Owen que d'une oreille. La mention du ministre la fit cligner des paupières et se retourner vers lui, l'air blasé.
- Ce n'est pas aussi bien qu'on le pense, tu peux me croire.
Elle reprit la lettre posée sur la table et la relut en diagonale, sourcils légèrement froncés. Owen avait l'air d'être un intellectuel, pur et dur, de ceux qui ne vous écoutent que quand vous leur parlez de la nouvelle édition de Sciences et Magie. Lui raconter qu'elle n'arrivait plus à manger parce qu'elle ne trouvait pas quoi demander à ses milliardaires de parents serait d'un déplacé effarant. D'un autre côté, il serait encore plus déplacé, pour elle, de se taire parce qu'elle avait peur de sa réaction.
Elle haussa légèrement les épaules et reprit d'une voix douce et lente, un sourire amusé sur ses lèvres.
- Tu vas trouver ça vraiment très superficiel, mais après tout, chacun ses opinions, mais mes parents sont tellement fiers de ma répartition qu'ils sont prêts à m'offrir ce que je veux.
Elle secoua légèrement la lettre.
- Et je n'ai aucune idée de ce que je pourrais leur demander. |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


  Age : 20 Inscrit le : 29 Jan 2008 Messages : 181 Localisation : Je ne suis pas une plante verte, je bouge Feuille de personnage Points de vol:
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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Mar 26 Fév - 23:04 | |
| Un étrange sourire inhabituel s’étira sur les joues d’Owen. Ainsi, la demoiselle Hayworth avait une idée sur ce qu’était la fonction de ministre de la magie ? Amusante bravache pour une gamine de onze ans. Enfin, dans la catégorie des gamins qui se permettaient d’avoir des avis sur des sujets divers, Owen avait tout de même sa place. Cependant, le commentaire de Lucile n’avait pas manqué d’amuser, mais dans le mauvais sens du terme, son condisciple :
« J’ai parlé de s’asseoir dans le siège, pas d’être ministre. Je laisse à ceux qui ont envie d’apparaître au grand jour et d’assumer de courages fonctions. »
A cette phrase, d’aucun pourrait se demander alors pourquoi l’enfant voulait s’asseoir sur le siège du ministre. C’était simplement une façon d’exprimer qu’il ne désirait pas grand-chose. Tout ce qu’il voulait, Owen se devait de l’obtenir par ses propres mains, il avait une sainte horreur que l’on fasse les choses pour lui.
Il écouta avec un silence presque religieux l’explication de Lucile, son visage habituel de retour. Owen comprenait mieux la question de Lucile et se demanda pourquoi elle n’en était pas venue au fait plutôt que de tourner autour du pot. Il se demanda par ailleurs la raison de sa question :
« Ce que je veux est forcément différent de ce que tu désires. Aussi, je crains que mes idées ne soient un terrain stérile pour toi. Je comprends néanmoins ton questionnement, c’est un beau cadeau de tes parents… j’imagine. »
Mais c’était pour le jeune Ashfog un problème inextricable : il ne souhaitait rien des autres. Rien de ce qui venait d’un tiers ne lui paraissait beau. Sa fouine, Iodure de Potassium, était la seule belle chose offerte par un tiers. Son oncle justement, mais il aimait la petite créature espiègle pour elle-même et non en tant que cadeau. Venant de son oncle, il aurait eu même plus vite fait de le détester.
« Je ne désire rien, je crains de ne pas pouvoir t’aider. A moins que tu ne cherches un cadeau qui les rendrait fiers de toi... ?» Fut la seule réponse qu’il trouva à lui donner.
Les parents étaient donc fiers de l'entrée de la demoiselle chez les serpentards. C'était tant que ça un sujet de liesse? Owen ne voyait les verts et argents que comme une cheminée vers ses propres désirs. Il avait un peu l'esprit de maison mais pas au point de comprendre un tel sentiment de fierté. Peut être que l'on finissait le cerveau lavé après sept années d'apprentissage à Poudlard... C'était là un sujet à approfondir. _________________
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|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


Inscrit le : 16 Jan 2008 Messages : 72
 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Dim 2 Mar - 22:22 | |
| - Un cadeau qui les rendrait fiers? Oui, pourquoi pas?
Ces paroles, qu'elle prononçait d'un ton intéressé et souriant, applaudissaient la proposition d'Owen. Mais son for intérieur riait aux éclats. Après sa glorieuse répartition, il y avait peu de choses qui pourraient rendre ses parents plus fiers d'elle qu'ils ne l'étaient déjà. C'était bien simple : pour Mylon et Sydney Hayworth, leurs quatre petites fillettes adorées étaient de vrais trésors, des joyaux sans le moindre défaut de fabrication. Après tout, n'étaient-elles pas leurs propres filles? Il n'y avait que Suzanne, ce rubis perdu au milieu des émeraudes, qui les faisait parfois grincer des dents, mais son exception confirmait bien la règle, et, il fallait bien le reconnaître, malgré ses coups de folie répétés, on ne pouvait pas lui en vouloir bien longtemps.
Vraiment, il n'y avait rien que Lucile puisse faire pour rendre ses parents fiers d'elle, à part épouser le fils du roi, et encore : sang pur ne valait-il pas cent fois mieux que sang royal?
- C'est un beau cadeau de tes parents, j'imagine, avait dit Owen.
Pauvre chose. Pour ne pouvoir qu'imaginer ce que l'on ressentait en se voyant offrir sur un plateau serti de diamants tout ce que l'on voulait, il ne devait pas en avoir l'habitude. Pire : ça ne devait jamais lui être arrivé. Pour sa répartition, ses parents devaient lui avoir offert un pitoyable livre à la couverture en cuir, un ouvrage assommant rapportant les grands faits de tous les sorciers de la maison. Et ça, s'ils n'avaient pas la mauvaise idée de faire partie de ces ignares qui prétendaient que la maison qui vous accueille sept années durant n'a aucune espèce d'importance. En fin de compte, il n'était pas très étonnant qu'il passe plus de temps avec son oncle riche.
- Merci quand même, lui répondit-elle avec un petit sourire, qui, dans son langage à elle, ne signifiait qu'une chose : tu ne peux pas imaginer, tu n'en as aucune idée, mais tu peux déjà t'estimer heureux de respirer le même air que quelqu'un qui sait.
Se replongeant dans la lecture de sa lettre, elle tomba sur un passage qu'elle n'avait que survoler, car il ne parlait pas d'elle : le mariage de Maddison. Elle avait choisi les couleurs des fleurs, la cérémonie pourrait enfin avoir lieu. Les organisateurs étaient à bout de nerfs, l'une des demoiselles d'honneur avait préféré prendre du repos aux Maldives pour s'empêcher d'agresser la future et capricieuse mariée à coup de parapluie, la mère du fiancé avait fondu en larmes, mais tous ces drames avaient valu le coup, car la cérémonie aurait bel et bien lieu.
Maddison aurait enfin son mariage, cette belle journée dont elle rebattait les oreilles de tout le monde depuis des années, ce plus beau jour de sa vie. Elle rayonnerait dans sa robe immaculée, oeuvre d'art à laquelle pas moins de cinq grands couturiers s'étaient attelés, six fois retouchée, rallongée et amincie. Righley aussi ferait sensation : la nouvelle coqueluche des plus grands créateurs italiens pourrait-elle apparaître aux noces de sa soeur sans provoquer un remue-ménage jusque dans la chorale? Et Suzanne, qui viendrait, au choix, de sortir de désintoxication ou d'une prison, et parviendrait encore à être au summum de l'élégance même après avoir assez raccourci sa robe pour qu'on voie son nombril par en dessous.
Mais Lucile? Que gagnerait-elle, dans tout ce tremblement? Quel souvenir grandiose laisserait-elle? Quel profit tirerait-elle du mariage de sa soeur? On la verrait, oui, comment ne pas remarquer l'une des filles Hayworth? Mais elle voulait qu'en la voyant, les gens voient autre chose que la petite dernière qui venait d'entrer à Poudlard. Comment faire? Comment faire?
Lentement, ses lèvres s'étirèrent en un petit sourire, et ses yeux en amande s'illuminèrent de cette lueur qui naissait quand une idée se faisait dans sa tête angélique. Elle posa son sac hors de prix sur ses genoux, et en sortit un rouleau de parchemin blanc comme neige, un long boîtier en argent et un flacon d'authentique encre de Chine. Et avec le petit air satisfait de celui qui a enfin trouvé la solution à une énigme, Lucile se mit à écrire, traçant les lettres de son écriture nette et penchée.
- Ce ne serait pas mal, un petit bal, commenta-t-elle de sa voix sucrée, autant pour Owen que pour elle.
Petit bal? Un eupémisme, au vu de ce qu'elle avait vraiment en tête. |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Jeu 13 Mar - 21:14 | |
| Un petit bal ? C’était bien là une idée féminine. Bien que sur le plan diplomatique cela pouvait avoir les meilleures incidences. Peut être même parfois un peu trop quand certaines personnes se sentaient soudainement obligées de faire montre de mille talents, bravades, aventures à raconter… Bref se sentait obligés de se rendre intéressant avec des commentaires aussi assommants que soporifique avec le but avoué d’endormir l’auditoire. On pouvait aussi dans un bal, prendre l’air le plus con possible et passer des heures sur la piste à tourner en rond comme une girouette, pour témoigner à quel point la vie n’apportait aucune satisfaction. Oui, quelle explication sinon à cette activité dénuée d’intérêt que d’aller se faire marcher sur les pieds par un ou une abrutie infoutue d’aligner deux pas correctement ? C’était cela la danse, et le bal en général, selon Owen qui y voyait là un supplice auquel même les chinois n’avaient pas été assez vicieux pour y avoir recours. Même si il fallait être honnête, dans le cas d’une danse, l’abruti qui marche sur les pieds de l’autre, ce personnage là ne saurait être mieux incarné par quiconque qu’Owen Ashfog dont la coordination dans les mouvements n’était vraiment pas le point fort. Passons, c’était là un détail qu’il valait mieux laisser de coté.
Owen détestait les bals, auquel tout bon Ashfog qui se respecte ne pouvait penser à échapper. D’ailleurs, pourquoi y échapper quand c’était un tel plaisir de se retrouver entre gens civilisés et cervelles de moineaux aux discours insipides, créatures au combien facilement utilisable ? C’était cela que lui avait dit l’oncle Malcolm quand le petit Ashfog avait montré quelques réticences à assister à l’un de ces événements que la famille affectionnait. Owen avait cru à tort que si Jonathan en avait été dispensé, il aurait pu lui-même disposer du même honneur. Idiotie enfantine de croire à une bonté de l’oncle envers son blond neveu quand il n’y avait là qu’une occasion d’excuser la présence indésirable d’un être dont il se fichait éperdument. Complexe habituel du vilain petit canard.
Certes, toutes ses considérations ne l’empêchèrent pas de mordre dans sa tartine sans accompagnement et de prendre une gorgée de son breuvage astringent. La demoiselle dégageait hauteur et contentement. Owen se demandait ce qu’il pouvait y avoir de réjouissant à proposer un tel événement à moins qu’elle ait l’intention, pareille à la dinde de Noël, de paraître en star du moment, bien grasse et bien charnue, bonne odeur et place de choix sur la table… A la différence prêt, nota le garçon, que dans le jargon habituel des enfants, sa voisine était une jolie fille et en matière de grasse, l’on y essaierait plutôt avec l’orthographe ‘grâce’. Soit, mais cela ne lui disait toujours pas ce qu’elle avait l’intention de faire en matière de ‘bal’. Pas que ce que sa voisine eut prévu l’amusa outre mesure, ou encore l’intrigua, mais il ne voyait guère le cadeau là dedans.
Il avait vu le regard de la serpentard s’allumer avant qu’elle ne sorte du beau matériel de son sac. Owen ne pu retenir un frémissement imperceptible de la main. De l’encre de Chine utilisé comme ça ? Mais quelle faute de goût ! C’était un crime et le grain du papier n’était pas assez épais. Certes, pour la question de l’épaisseur, il aurait fallu que la demoiselle écrive au pinceau, ce qui était l’emploi normal à faire avec de l’encre de Chine. La plume ne permettait pas de relever l’encre épaisse et presque grasse par certains endroits qui la rendait si belle. C’était là bien une hérésie … Encore que, certains l’utilisaient ainsi. Mais plus grave… De l’encre de Chine en BOUTEILLE ? Mais non ! La forme traditionnelle était en bâtons, et avec des dorures sur le coté, finement dessinées et en reliefs si l’on voulait obtenir ce qu’il y avait de mieux. L’encre de Chine liquide ne restait qu’une pale imitation de la véritable substance.
Au moins, l’écriture de la jeune fille était élégante, Owen ne se retint cependant pour soupirer devant la bouteille et pour la saisir sans demander l’autorisation de sa propriétaire. Il observa l’étiquette qui ne contenait pas de véritable information sur la provenance. La Chine probablement, les Hayworth n’accepteraient sûrement pas moins mais une méconnaissance de la culture locale certaine. Il secoua un peu le flacon pour voir le liquide remuer et s’aperçut que même si cela ne constituait pas ce qu’il considérait comme la véritable encore de Chine, c’était une préparation de qualité. Mais pour quelqu’un qui voulait ce qu’il y avait de mieux au monde… Owen ne saurait trop lui conseiller que de s’approprier le nec plus ultra la prochaine fois.
« Un petit bal ? Tu as des idées qui se dessinent ? »
Owen reposa le flacon pour laisser la demoiselle écrire à son aise et eu un « humph » de dédain marqué à l’intention du liquide. Un art aussi noble réduit à ça ? La plume était une pratique millénaire pour l’encre et qui passait pour Owen car il ne se sentait pas de guerroyer avec des auteurs morts sur la bonne utilisation du liquide précieux mais, il ne parvenait pas à oublier la bouteille. C’était là… difficile. Se forçant un peu, seulement il remarqua la beauté du papier utilisé par Lucile, mise à part son coté trop fin. Souple mais avec quelques grains bien pensés pour laisser l’encre parfaitement s’inscrire dessus. C’était au moins une chose bien faite.
Voyant passer une élève de Gryffondor derrière eux avec la souplesse et la discrétion d’une femelle mammouth ménopausée, le garçon songea à une chose qui lui fit opiner du chef. La demoiselle peut discrète avait deux raisons de l’être : son poids premièrement, et ensuite son nom : elle appartenait à une riche famille de gens illustres et intègres… et l’école ne manquait pas de ces gens là. Il y avait la crème de la crème à Poudlard, et en parlant de crème, il espérait que quelqu’un conseille à la demoiselle ne pas en abuser.
« Poudlard pourrait être un lieu charmant pour organiser un bal. Du beau linge, une bonne excuse d’égayer les têtes vides… »
Il avait dit cela à Lucile sur un ton morne et égal mais il avait aussi senti les voisins dresser l’oreille pour savoir de quoi en retournait leur conversation. La demoiselle était penchée sur sa feuille, elle écrivait sans doute à ses parents. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne perdait pas de temps.
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|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Mer 19 Mar - 10:40 | |
| Loin de partager les idées d'Owen, Lucile, elle, adorait les bals. Il n'existait, à sa connaissance, aucune meilleure occasion de se pavaner devant une foule de milliardaires rassemblés là dans l'unique but de se féliciter d'être les rois du monde. Et quelle fierté de se rendre compte à chaque fois, après les avoir attentivement observés, qu'aucun de ces buffles prétentieux n'arrivait à la cheville enflée de son glorieux père. Ou que leurs épouses, ces Cléopâtre au nez cent fois refait, même drapées de leurs plus chères fourrures, même parées de leurs plus gros diamants, ne valaient en rien l'éblouissante fraîcheur de sa mère. Une supériorité qui n'était que renforcée quand on savait qu'elle avait conçu la plupart des robes qu'elles arboraient toutes avec tant de fierté.
Mais cette fois, ses parents ne seraient pas à l'honneur, pas plus que ses soeurs. Owen ne se trompait pas, elle ne se contenterait pas d'être l'irréprochable pupille de ce Zeus et de cette Héra des temps modernes : elle serait l'âme et le coeur de ces réjouissances. Elle se voyait déjà, rayonnante dans sa longue robe de satin blanc, ses longues boucles d'or ornées de deux roses d'une blancheur virginale, descendant le grand escalier de marbre sous les regards émus d'une foule au souffle coupé. Et son nom, cent fois chuchoté, se propagerait comme une onde, comme une prière à la nouvelle divinité qu'elle était.
Perdue dans ses considérations, elle ne remarqua l'agitation d'Owen que quand il se saisit, fort impoliment d'ailleurs, de son petit flacon d'encre. Ses fins sourcils haussés, elle ouvrit la bouche pour lui apprendre quelques petites choses sur la politesse mais se tut en remarquant le regard dont il enveloppait son encre.
- J'en ai quelques unes, oui, répondit-elle en notant mentalement la marque des escarpins qu'elle voulait porter à cette occasion, mais si tu y tiens tellement, je t'en prie.
Elle lui rendit le flacon, accompagné de la plume qu'elle posa avec douceur sur le papier. S'il voulait tant que ça lui écrire sa lettre, il n'avait qu'à le dire.
- Je n'ai pas encore beaucoup écrit.
Maman, disait le parchemin, depuis qu'elle avait commencé.
Et tout bien réfléchi, c'était une bonne idée de dicter cette missive. Premièrement, si ses parents avaient chacun au moins cinq secrétaires particuliers, et si ses soeurs payaient des milliers de Gallions à une foule d'assistants pour le grand effort qu'ils faisaient en envoyant des hiboux à leur place, elle ne voyait pas pourquoi elle ne pourrait pas se faire écrire ses lettres aussi. Et, autre point important, en dictant sa lettre, elle garantissait qu'une grande partie en serait entendue et répétée par ses voisins qui, subitement mais peu subtilement, avaient décidé de baisser le son de leurs conversations d'au moins dix décibels. La rumeur aurait envahi le château avant même que sa mère reçoive la lettre.
- Maman, énonça-t-elle pour Owen avec son petit air satisfait, votre fierté est déjà une telle récompense qu'il m'aura fallu bien du temps pour pouvoir en concevoir une autre, et que, même après l'avoir trouvée, je me demande si je la mérite. Après avoir bien réfléchi, je me suis rendu compte que rien ne m'enchanterait plus que de contribuer aussi au bonheur de ma chère Maddison. Papa lui a obtenu de se marier à Versailles, tu as conçu sa robe. Righley a chanté pendant la réception, et Suzanne est venue habillée. Mais quel cadeau lui ai-je offert? Ce que je voudrais, ce serait lui offrir une soirée, rien qu'en son honneur. Et je sais à quel point son époux et elle sont reconnaissants à Poudlard de les avoir faits se rencontrer. Vois-tu ce que je veux dire? |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


  Age : 20 Inscrit le : 29 Jan 2008 Messages : 181 Localisation : Je ne suis pas une plante verte, je bouge Feuille de personnage Points de vol:
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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Jeu 20 Mar - 21:11 | |
| [J'introduis un PNJ, tu en fais ce que tu veux ^^" ]
Mais elle le prenait pour une chèvre la gonzesse? Il avait une tête de pélican affable et gentil? Elle lui filait le rôle du mouton à tondre et qui se laissait faire sans rechigner? Le zouave de service à qui l'on refilait toutes les taches ingrates et qui opinait aimablement du chef en s'exécutant sans broncher? La Cendrillon locale dont l'anatomie cacherait encore des choses, ce qui serait crédible par le simple fait qu'un jeune garçon était souvent androgyne, même s'il ne fallait pas abuser et pousser mémé dans les orties… Le cucendron qui acceptait de laver le sol et de dormir dans la cheminée pendant que les deux horribles sœurs se préparaient pour le bal. Non madame ! Là, il fallait le dire : il y a de l'abus ! … Comme dirait un certain valait dans une certaine pièce d'un certain auteur moldu à propos d'un certain comte qui courtisait la future femme d'un certain valet dans une certaine situation des plus cocasses… Mais Owen n'était pas là pour faire du Beaumarchais.
Quoiqu'en matière de tromperie… Si la plume, l'encre et le papier étaient prêts à faire des infidélités à leur blonde propriétaire pour venir se perdre entre ses mains : Qui était-il pour leur refuser pareil plaisir, partagé, cela va sans dire. C'est peut-être pour ça que le Serpentard laissa Miss Hayworth réinstaller le plan de travail devant lui. Il ouvrit la bouteille d'un air dubitatif et y trempa la longue plume. Elle était lourde, peut être un peu plus lourde que l'étaient les plumes ordinaires. C'était normal vu la qualité de cette dernière.
L'écriture nette et penchée de Lucile fit place à celle nerveuse et violente du garçon. Une écriture non sans charme mais dont la graphie montrait nettement l'habitude de l'écriture rapide. Elle était cependant propre et belle, indéniablement masculine. Evidence alors que la demoiselle ne l'aurait pas écrite mais elle pourrait ainsi se vanter de faire écrire quelqu'un d'autre à sa place. Cependant, Owen n'appréciait vraiment pas l'encre dont il se devait de prendre un minimum pour éviter une rature sur le papier.
"Merveilleux art de la fausse modestie."
Dit-il en reprenant l'accent bourgeois de Lucile, le nez dans la feuille, occupé à écrire ce qu'elle lui dictait. Il se permettait aussi de changer deux trois termes dans la lettre. Non pas qu'il critiquait le style de sa comparse mais cela lui permettait de tracer de nouvelles lettres et ainsi d'essayer de nouvelles courbes avec la plume. L'interruption par la voix d'Owen qui aurait pu passer inaperçue, car avait été dite de façon basse, eu malheureusement l'effet désagréable de réveiller les voisins qui semblaient tout disposé à écouter Lucile comme si tout ce qui sortait des lèvres de la jeune demoiselle était or et pierreries.
Un, moins malin que les autres, s'était levé pour venir se pencher entre les deux serpentards avec un air assuré et supérieur. Fort de son âge et de sa taille, il surplombait largement les deux enfants et se permit un œil inquisiteur sur la missive, un regard dédaigneux à Owen avant d'offrir un grand sourire à Lucile :
"Alors comme ça, tu as l'intention de fêter le mariage de ta sœur à ta façon?" Il hocha la tête d'un air satisfait avant de reprendre sans laisser le temps à qui que soit d'intervenir : "Une soirée ici, j'espère qu'on est tous invité?!"
Il avait lancé cette phrase plus fortement à l'attention d'un groupe de cinquième année un peu plus loin qui hochaient à présent la tête avec enthousiasme. La perspective du bal semblait manifestement en enchanter certains et des murmures s'élevaient déjà autour de la table des serpentards, l'écho se portant même à plus faible dose sur les tables voisines.
Owen n'était pas du genre à se faire remarquer, le grand monsieur semblait aussi vouloir lui faire comprendre qu'il désirait une conversation plus personnelle avec la célèbre Hayworth, et le garçon tout parano qu'il était, savait aussi que son frère chez les gryffondors n'aidait pas à sa réputation. Cependant, pareil à un chien à qui l'on prend son os, Owen n'appréciait guère que l'on vienne s'introduire dans le semblant de conversation qu'il tenait avec la demoiselle. C'est pourquoi son habituel ton de voix, morne, froid, et fort s'éleva :
"Coincé entre la confiture et le pot de miel, tu n'auras pas remarqué qu'elle dictait un courrier et que ta question aurait sûrement eu sa réponse, simplement eut suffit de rester à ta place. Aussi, je ne doute pas que ta présence et ton intérêt la flatte, j'espère juste que c'est le matin qui te brouille les neuronnes."
*Encore un crétin avec QI à température ambiante…*
Owen leva son regard gris sur le plus vieux et ajouta :
"Qui plus est, tu es devant le soleil, tu serais aimable de te décaler."
Si il appréciait Lucile, ou plutôt ses frasques d'enfant riche, il ne pouvait pas dire qu'il trouvait charmant un garçon qui venait rouler des mécaniques dans l'espoir de se faire inviter. Fermer sa grande gueule et attendre deux minutes qu'Owen soit concentré autre part avant d'entrer dans le microcosme, cela lui avait été impossible. Cette manie qu'avait les gens de s'immiscer dans les conversations, Owen ne comprendrait jamais. Il se tourna alors pour relire le début de lettre et voir s'il n'avait laissé aucune coquille. Satisfait de son travail, il entreprit juste de décorer le 'M' de maman de quelques graphismes que permettaient l'encre de chine. Il voyait à présent très bien qui était Lucile : son oncle avait mentionné sa mère plus d'une fois, toujours en termes d'argents et de chiffres d'affaires intéressants, mais cela parlait de toute façon plus à Owen que la présentation du panthéon familial. _________________
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|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Ven 21 Mar - 10:33 | |
| Tout en dictant sa lettre, le menton levé, les épaules bien droites et l'oeil brillant, Lucile observait, du coin de ce même oeil, les réactions que ses paroles provoquaient tout autour d'elle. On chuchotait, on lui jetait des coups d'oeil qui se croyaient discrets, c'était à se tordre de rire. Une fille en face d'elle, une quatrième année, il lui semblait bien, se pencha même par dessus la table pour se saisir du panier de croissants, simple parade de débutante pour parvenir à lire à l'envers ce qu'écrivait Owen. Vraiment, Lucile s'en serait roulée par terre si, depuis la plus petite enfance, on ne lui avait pas appris qu'une dame se doit de se contenir, en toutes circonstances. Avec le temps, ses soeurs, qui l'avaient rigoureusement observée par le passé, faisaient fi de cette règle primordiale de la bienséance : Maddison avait sauté au cou de Lord Leighton quand il s'était enfin décidé à lui demander sa main, et Righley jetait volontiers des escarpins hors de prix à la tête de ses photographes quand une photo n'était pas assez retouchée pour cacher un bouton malencontreux. Quant à Suzanne, n'en parlons pas. La seule politesse dont elle faisait preuve consistait à ne commencer à boire qu'après dix heures du matin.
Une grande ombre les couvrit soudainement, et une voix rauque s'éleva. Comme elle en avait pris l'habitude, Lucile ne daigna pas regarder l'importun. Quand on se permettait de venir interrompre une conversation, il ne fallait pas s'attendre à des débordements de politesse. Et il avait l'audace de se proclamer invité? Il verrait bien ce qu'il en coûtait de lui couper la parole. Comme si de rien n'était, Lucile laissa Owen remettre le malotru à sa place, un petit sourire naissant sur ses lèvres rosées. C'est qu'il n'y avait pas qu'en écriture qu'il était doué, lui.
Quand elle tourna enfin la tête vers le cinquième année qui regardait Owen comme s'il s'eut agi d'un répugnant ver de terre, Lucile leva les yeux sur lui, avant de baisser ses longs cils et de rougir, comme si elle venait de reconnaître le garçon dont elle avait rêvé toute une nuit.
- Ce ne sera qu'un tout petit bal, dit-elle d'une voix timide, presque dans un souffle, et il faut encore que mes parents disent oui. Tu veux vraiment être sur la liste?
Oui, elle le reconnaissait bien. Phoebus Holland, fils d'un de ces nouveaux riches qui se croyaient admis dans le cercle parce qu'ils avaient hérité quelques millions d'un vieil oncle malade. Il fallait bien reconnaître que cet heureux héritage datait de trente ans, à présent, mais pour Lucile, dont la famille amassait des fortunes depuis plus de deux siècles, trois décennies valaient autant qu'un gain soudain à la loterie. Elle l'avait souvent vu dans la salle commune, ou dans les couloirs à la fin des cours. A chaque fois, il était entouré d'une bande de filles qui gloussaient de joie à l'idée qu'il les emmène avec lui sur le yacht de son père. A chaque fois, il faisait le malin pour qu'on le voie, s'époumonant sur les caractéristiques hors pair du nouveau balai qu'il s'était acheté, récitant comme une litanie les noms des héritières qu'ils avait draguées à la dernière réception de sa mère.
Un crieur public n'aurait pas mieux fait son travail, et c'était un crieur public qu'il lui fallait. En laissant entendre à Phoebus qu'il serait accueilli à son bal avec un tapis rouge, Lucile se trouvait le meilleur messager qui soit pour colporter la nouvelle. Il ne manquerait pas d'aller répéter partout que Lucile Hayworth avait rougi quand il lui avait fait le grand honneur de lui parler, qu'elle lui avait répondu d'une voix tremblante et sans même oser lever les yeux sur lui. Il serait l'invité d'honneur de ce bal.
- Quel bal? - Le bal qu'elle organise pour célébrer le mariage de sa soeur. - Ici, à Poudlard? - Non, dans les champs d'à côté. Mais oui ici. Elle a même proposé de mettre mon nom sur la liste. - Il y aura une liste? Tout le monde n'est pas invité d'office? - C'est une réception des Hayworth, pas un bal populaire.
Les joues toujours aussi roses, Lucile continuait de regarder, à travers ses longs cils recourbés, celui qui serait l'instrument de sa gloire. |
|  | | Owen Ashfog Préfet de Serpentard, 1ère année


  Age : 20 Inscrit le : 29 Jan 2008 Messages : 181 Localisation : Je ne suis pas une plante verte, je bouge Feuille de personnage Points de vol:
   (14/100)
 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Lun 31 Mar - 16:39 | |
| [… Vraiment désolé pour le retard.]
Ce ne sera qu’un tout petit bal, et dit avec un ton si timide qu’Owen se retint de ne pas hausser un sourcil étonné en entendant Lucile. Cela jurait tellement avec ce qu’il avait présentement vu de la jeune fille. Il se tut, enfin, continua de se taire pour écouter ce qu’allait donner cette étrange conversation. L’air de supériorité qu’affichait habituellement l’enfant avant disparu pour faire place à une politesse contrite qui frôlait l’indécence. Lui, Owen ne reconnaissait pas cet étudiant. Oh, il l’avait vu faire le beau dans la salle des serpentards entouré de sa troupe de fille mais le brun préférait la courbe et la délicatesse d’un livre ( ou encore d’un balladeur ) à celui d’une fille. Il ne comprenait donc pas les intérêts d’un cinquième année à réciter un nombre certain de jeunes filles du monde. A moins qu’il s’agisse là d’un exercice mnémotechnique pour prouver qu’il avait bonne mémoire et savait se souvenir de toutes les personnes de sexe féminin à qui il avait parlé.
Owen tourna délicatement la tête pour regarder l’individu dont la voix laissait entendre des accents de prétention et de hauteur mais son regard fut arrêté en cours de route par une vision encore plus étrange. Lucile Hayworth le rouge aux joues devant l’autre serpentard. Elle avait les yeux baissés et sa voix avec quelques trémolos étranges. L’héritier Ashfog se demanda un instant comment l’on devait interpréter cette réaction. Puis levant les yeux sur le nouvel arrivant, il entreprit d’essayer de comprendre la gêne de la jeune fille en détaillant le cinquième année… Qui s’était décalé pour faire de l’ombre à Lucile et être sur que le soleil ne l’incommodait pas. Décidemment… Owen recentra ses pensées, un peu inquiet d’assister à une parade nuptiale du printemps entre deux oiseaux. Seulement, les deux volatiles ne lui semblait pas appartenir à la même espèce. Phoebus _ même si il ignorait son nom _ avait quelque chose du paon, torse bombé, ses grands yeux bleus et son front haut, un air aristocratique et une condescendance marquée dans ses traits, ses cheveux noirs collés sur son crâne et plaqué vers l’arrière comme un bellâtre de cinéma italien. Il était aussi de grande taille et sa voix sombre devait sûrement être d’un certain charme si sa simple présence ne suintait pas la suffisance. Enfin, il y avait apparemment des cruches pour aimer un homme perpétuellement occupé à brosser son égo et surtout à le faire savoir autour de soi. Lucile avait quelque chose de plus fluet, Owen cherchait dans les oiseaux délicats, sa gêne et sa fraîcheur lui donnait la grâce d’un cygne. Mais par pitié, si les deux se sentaient de lui faire un remake de Tchaïkovski, Owen allait faire une pétition pour l’assèchement du lac des cygnes. Le cygne semblait cependant convenir à la demoiselle Hayworth à plus d’un titre : il y avait dans le changement de comportement ostensible qu’elle avait opéré sous les yeux de son camarade, un coté de l’animal à faire le beau puis à donner un coup de bec au moindre écart de comportement. Quant au paon, pour le mettre à l’eau… Owen se portait volontaire pour lui donner son bain, surtout dans le lac de Poudlard avec l’espoir qu’un strangulot passe dans le coin.
Pour le moment, la paon était devenu silencieux manifestement en train de chercher ce qui signifiait précisément une réception Hayworth. Il hocha la tête puis sourit à Lucile toujours avec son sourire condescendant, son regard était emprunt d’une certaine fierté :
« Bon, tu me tiendras au courant, j’ai à faire. »
le garçon semblait manifestement pressé. C’était une nouvelle qu’il ne pouvait attendre d’annoncer. Les cinquièmes années qui avaient dressé l’oreille pour entendre ce qui disait entre leur ami et la Hayworth avaient du mal à tenir sur leur siège et à ne pas faire une ola générale et saluer le brio du garçon. Cependant, Phoebus n’était pas de ceux qui aimaient que l’on gâche son triomphe, un calme maîtrisé était de rigueur. Phoebus allait pour partir quand il ajouta à l’attention de Lucile :
« J’ai hâte d’y être mais à l’avenir, choisis mieux ton personnel. Merci encore de l’invitation. »
Et pour se donner contenance quant à la phrase d’Owen un peu plus tôt, et qui ne l’avait pas amusé du tout, il saisit le gamin par le col et le souleva légèrement du banc. Owen eu le temps de poser la lettre en sûreté quand l’autre le force à tourner la tête. Cet abruti avait la main froide en plus, si il avait un torticolis avant un cours. Le serpentard aux cheveux gominés tenta d’impressionner l’enfant du regard pour tomber dans la mare vide et silencieuse d’Owen. Un caillou dans un étang mort. Il s’essaya ensuite à la menace en le faisant retomber sur son siège avant de s’éloigner. Owen réajuste son col.
Le première année saisie la lettre manuscrite par ces soins et reprit la plume.
« Tu veux continuer à dicter où je retranscris juste la conversation ? »
Demanda-t-il à Lucile d’un ton neutre, pas plus effarouché que cela. _________________
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Dernière édition par Owen Ashfog le Lun 5 Mai - 21:14, édité 2 fois |
|  | | Lucile Hayworth Préfete de Serpentard, 1ère année


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 | Sujet: Re: Un petit-déjeuner comme les autres Ven 11 Avr - 13:19 | |
| Sans mot dire, son air timide toujours peint sur ses traits fins et délicats, Lucile regarda Phoebus s'éloigner d'un pas de conquérant pour retrouver sa cour qui trépignait deja d'impatience. Il s'assit lentement, histoire de faire durer un peu le suspense, ou pour laisser le temps a sa tête enflée et remplie d'air de s'accoutumer au changement de hauteur, et jeta un coup d'oeil à Lucile, un petit sourire en coin, pour bien montrer à tout le monde qu'il venait d'entrer dans ses grâces avec une facilité déconcertante. Ce grossier personnage n'aurait pas eu l'air plus fier si elle l'avait nommé roi de l'univers. Mais au moins, il faisait tout ce qu'elle en avait attendu.
- Ce boucher ne t'a pas fait mal, au moins?, demanda-t-elle à Owen en se retournant vers lui.
Ses joues avaient retrouvé leur habituel teint d'albâtre. Elle leva les yeux sur le col d'Owen et fit la moue.
- Il t'a froissé ton col, avec ca.
En un éclair, elle remit en place le tissu coupable, sans écouter les chuchotements qui s'élevaient autour d'eux : la petite scène de Phoebus en avait ému plus d'un. Jetant un coup d'oeil autour d'elle, toujours de cet air altier propre aux Hayworth, elle reprit le parchemin sur la table et le parcourut d'une traite.
- Ca ira comme ca, dit-elle en le roulant, avant de sortir un petit ruban blanc d'une poche de son sac pour le nouer.
Elle tendit le parchemin a Owen.
- Tu peux aller le donner a mon hibou, Apollo. Si tu te montres toujours aussi poli, il n'essaiera pas de t'éborgner. |
|  | | | Un petit-déjeuner comme les autres | |
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