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| | Entretien avec Lilian Delcourt [quête] | |
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Lord William Kragen Directeur et Professeur de Métamorphose


 Inscrit le : 29 Sep 2006 Messages : 2086 Feuille de personnage Points de vol:
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 | Sujet: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Ven 2 Nov - 17:10 | |
| Dans le bureau du professeur de métamorphose
Il était tard. Déjà dans les salles communes, les plus jeunes s'étaient couchés et seuls les préfets étaient autorisés à circuler dans les couloirs du château. Cependant pour l'homme troublé assis derrière son bureau, la nuit ne faisait que commencer et elle menaçait d'être longue. L'homme était assis droit dans une position qui lui seyait à merveille et où son autorité naturelle s'exprimait le mieux. Il avait les yeux rivés sur la porte et ses pensées fixés sur son visiteur à venir. Ses gestes ne trahissaient aucunement l'impatience qu'il pouvait éprouver. Seul signe qu'il était là depuis un moment, le verre de brandy où il avait trempé ses lèvres quelques secondes auparavant.
Il y avait maintenant une semaine que le choixpeau avait fait son show en dévoilant à l'assemblée réunie à l'occasion de la cérémonie de répartition, qu'un objet magique se trouvait dans l'enceinte du château. En soit, la nouvelle n'avait vraiment pas surprit l'homme, il avait en effet découvert la chose quelques mois auparavant alors qu'il était en visite à l'hôpital Ste Mangouste. En effet, ce fut lors de l'évasion de William Alexandreï, aidé par notre personnage, que celui-ci avait pénétré l'esprit de la Ministre pour en tirer des informations sur les mystères du ministère. Cependant, et à son grand étonnement, à la place il avait eu la vision fugitive d'un objet brillant de taille moyenne puis une autre de Poudlard. Il en avait naturellement déduit qu'un vieil objet magique y était dissimulé et c'était empressé de relater la chose à ses supérieurs. Ceux-ci lui avaient, dès lors, commandé d'effectuer des recherches pour retrouver le mystérieux objet.
Hors, à peine était-il retourné à poudlard qu'il fut envahit de paperasse. N'ayant pu jusqu'ici s'accorder une demi-journée de repos tout au plus. Le directeur, parce que c'est bien de lui qu'il s'agit, avait donc put effectuer qu'une recherche réduite qui fut, malheureusement infructueuse. Le pauvre homme passait donc ses journées à travailler et ne dormait que le minimum dans le but de s'avancer dans ses travaux directoriaux mais ce zèle ne lui servit à rien et ses supérieurs continuèrent à le harceler pour obtenir des résultats pour le moment inexistants. A bout de nerf les yeux menaçant de se rougir par le manque de sommeil, Lord Kragen décida qu'il était grand temps de passer aux choses sérieuses. En effet, il avait demandé à son préfet en chef de venir le voir, non pas dans son bureau de directeur mais dans celui de professeur de métamorphose. La chose pouvait sembler étrange, le bureau étant très peu utilisé par son propriétaire depuis l'année passée mais William savait que son autre bureau était surveillé par au moins une demi-douzaine d'anciens directeurs qui étaient indélogables. Il avait donc aménagé son bureau de professeur pour ces entretiens informels et ses éventuelles communications privées avec l'extérieur.
Pour l'heure, le directeur le directeur réfléchissait à sa stratégie. Après des heures passées à réfléchir, Lord Kragen avait décidé que le mieux pour lui était de laisser faire les élèves qui allaient, de toute façon se mettre à rechercher ce nouveau graal et de les infiltrer... Ayant écarté d'emblée les gryffondors, serdaigles et poufsouffles qui risqueraient de trouver cette idée 'so serpentardienne' il s'était reportés sur les serpentards, et notamment ceux qu'il connaissait le mieux et qu'il avait accueillis dans la maison verte et argent lors de leur entrée à Poudlard. Cela remontait à trois ans déjà, tout nouveau directeur de serpentard, le jeune Lord avait appréciée cette année, il regrettait d'ailleurs de temps en temps cette année de calme qu'il avait pu avoir et où son temps était plus occupé par les problèmes de ses élèves que par de la paperasse administrative.
Revenant à son visiteur, il avait finit par choisir de proposer un poste d'espion à un un troisième année, quelqu'un de charismatique et d'assez particulier pour espérer qu'il accepte son offre. Bien entendu, il avait toujours la possibilité d'utiliser la jeune serdaigle maitresse de l'eau, mais elle préférait plutôt avoir quelqu'un sachant ce qu'on attendait de lui plutôt qu'un simple pantin. Et c'était une chose sage puisque ladite jeune fille commençait petit à petit à échapper à son contrôleur...
Un son de cloche retentit, une bête sauvage cria sa douleur dans la forêt interdite et Lord Kragen ferma son esprit à tout le monde, y comprit ses compères de l'Organisation. L'entretien qu'il aurait dans les minutes qui allaient arriver serait tendu et il ne lui fallait être interrompu pour rien au monde. Détournant les yeux de la porte une seconde, il aperçut le verre d'alcool à peine entamé et le fit disparaitre. Il fit ensuite apparaitre une corbeille de fruits frais et deux verres. Il offrirait à son invité une boisson de son choix, si tant est que la discussion se passe comme il le souhaitait.
Un deuxième son de cloche et des pas dans le couloir. Lord Kragen tourna sa main vers la cheminée et le feu ronfla quelques seconde le temps de réchauffer l'atmosphère puis il se fit plus calme, l'ambiance ne devait pas être étouffante. Les pas s'arrêtèrent devant la porte et le directeur fit un geste vers la porte, celle-ci s'entrouvrit.
-Vous pouvez entrez. Dit-il alors d'une voix peut-être un peu trop forte puisqu'il n'y avait personne d'autre de présent de tout l'étage. _________________
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|  | | Lilian Delcourt Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année


  Age : 19 Inscrit le : 06 Oct 2006 Messages : 428 Localisation : Au milieu des tensions.
 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Ven 9 Nov - 19:01 | |
| Une ambiance particulière, tendue et fébrile, règnait dans le château depuis la curieuse annonce du choixpeau. Il ne se passait pas un jour sans que le sujet n'aparaisse dans les discussions, la bibliothèque ne désemplissait pas et les rumeurs les plus stupides commençaient déjà à circuler. Impressionnantes mais souvent peu innovantes, elles se contentaient souvent de présenter un monstre plus effrayant que le basilic. De nombreuses fausses alertes avaient déjà été lancées par ceux qui espéraient devenir les héros d'un jour. Aujourd'hui, un cinquième année de Poufsouffle avait raconté à qui voulait l'entendre en se donnant un air important franchement risible qu'une force maléfique inconnue avait essayé de le tuer en le précipitant du haut des escaliers. « Les couloirs étaient déserts... », affirmait-il à un public en haleine pour la ennième fois de la journée après le dîner avant de s'écraser lamentablement sur les dalles. « Quand soudain une force maléfique me projeta en avant ! », s'était écriée une voix juste derrière lui accompagnée par les rires de l'assemblée. Les oreilles rouges, le garçon se releva péniblement. « Et une fois de plus, tu as survécu. Impressionnant... Vraiment... », avait poursuivit Lilian Delcourt en rangeant sa baguette. Les rires redoublèrent mais, pour une fois, il resta de marbre. Toutes ces démonstrations l'ennuyaient. Les gens ne se lassaient pas d'être stupides et plusieurs Serpentards profitaient de la terreur ambiante pour semer la discorde. C'était amusant jusqu'à ce que des imbéciles comme le poufsouffle s'en servent pour transmettre leur bêtise à leur entourage. Même le petit gryffondor qu'il avait assomé en ouvrant une porte devant lui quelques jours plus tôt avait essayé de donner un caractère démoniaque à l'évènement... Les élèves s'installaient confortablement dans le ridicule.
Et, c'est dans cette atmosphère apesantie par la bêtise et la peur qu'une convocation pour le moins inattendue lui parvint... Une convocation de Lord William Kragen, l'inquiétant directeur de Poudlard. La lettre n'était pas arrivée au petit-déjeuner, comme le voulait la tradition, mais un peu plus tard dans la journée, sa grande chauve-souris l'attendait dans le dortoir suspendue à la tringle de son lit à baldaquin. Lilian recevait peu de courrier et il s'agissait la plupart du temps de livraisons qui lui parvenaient aux horaires habituelles. La lettre attachée à la patte de son animal éveilla donc aussitôt sa surprise, puis sa méfiance. Et cette méfiance ne s'était pas dissipée depuis qu'il connaissait l'identité du destinataire. Kragen ne l'avait jamais convoqué et si ce qu'il avait à lui dire était officiel, il n'aurait certainement pas tenu à garder ce rendez-vous confidentiel. L'heure et le lieu donnés le laissèrent méditatif tout au long de la journée. Pourquoi l'attendrait-il le soir dans un bureau qu'il avait plus ou moins laissé à l'abandon depuis l'année passée ? Alors qu'il regagnait la salle commune avec la plupart de ses comparses, il n'avait pas trouvé de réponse. Kragen devait lui annoncer quelque chose qui ne devait-être su de personne... A lui... Etait-il indirectement concerné par une sombre affaire, allait-il se retrouver impliqué dans une intrigue ? Il n'en savait rien. Sa mine s'assombrissait tandis que l'heure approchait et, fait surprenant, il passa devant un garçon qui déclarait avec enthousiasme à une jeune fille « Tu aurais dû voir comme Lilian a remis cet idiot à sa place ! » sans le regarder, sans en rajouter. Il fit un détour par son dortoir afin de s'assurer qu'aucune nouvelle lettre ne l'attendait puis il se glissa hors de la salle.
« Encore un rendez-vous clandestin Delcourt ? », lança derrière lui une fille de sa maison en souriant malicieusement pendant que le panneau de la salle se refermait. « Voyons, ne dis pas de sottises, tu sais bien que ce titre me tient trop à coeur pour que j'en néglige les devoirs. » répliqua-t-il avec une ironie forcée. Personne à Serpentard n'ignorait le peu de sérieux avec lequel Lilian assumait son rôle et on s'en amusait beaucoup. La pauvre Anna Dark se retrouvait à patrouiller seule dans les couloirs car, lorsque le tour du Serpentard venait, selon les soirées qu'ils s'étaient répartis, on avait de fortes chances de le retrouver dans les fauteuils de sa salle commune ou, si d'aventure il sortait, accompagné d'un autre élève... La perspective de sortir la nuit sans risquer la punition lui donnait un certain avantage, pour lui comme pour le directeur apparemment... Le visage grave, il replongea dans ses pensées. Une heure le séparait du rendez-vous, il avait préféré quitter les autres plus tôt afin de ne pas prendre le risque de se faire suivre. Quoique puisse attendre Kragen de lui il n'était pas question de manquer d'habileté. Sa fierté était en jeu. Après vingt minutes d'errances, il s'engagea dans le couloir qui menait au bureau de métamorphose. La voie devait rester libre. Or, elle ne l'était pas. Deux petits serpentards trafiquaient une armure avec des sorts, pour effrayer les élèves, très certainement. Peu de Serpentards craignaient l'annonce du choixpeau. Puisque le fondateur de leur maison semblait impliqué dans l'affaire ils se sentaient immunisés, et puisque le préfet en chef en patrouille ce soir était de leur côté, ils se croyaient tous permis. Mais, ce soir, Lilian n'avait absolument pas envie de collaborer et encore moins de s'amuser. Avec une sévérité peu habituelle et donc plus intimidante que la moyenne il les renvoya dans leur dortoir en les menaçant de sa baguette. Puis il se perdit à nouveau, dans ses pensées, dans le château, guettant malgré lui les preuves de phénomènes particuliers...
A l'heure donnée il se rendit devant le bureau de Kragen. La porte s'ouvrit d'elle même alors qu'il s'apprêtait à la frapper et le directeur l'invita à entrer. Un masque d'impassibilité posé sur le visage, Lilian parut. Un homme droit et curieusement fatigué lui faisait face. Le feu crépitait dans l'âtre, une coupe de fruits reposait sur le bureau aux côtés de deux verres. Ses yeux turquins analysèrent ces détails qui dénotaient la volonté de rendre la pièce accueillante. Il se souvint alors de l'attitude que le professeur avait vis à vis de lui ces derniers temps. Plus complice, plus bienveillant... Le doute n'était plus possible, Kragen voulait quelque chose de lui. Il planta alors son regard dans le sien sans la moindre réserve et déclara d'une voix terne et maîtrisée en s'approchant du bureau :
- Vous vouliez me voir Monsieur...
Malgré sa curiosité il sentait poindre en lui une note d'appréhension. Tant que Kragen ne lui exposerait pas l'objet de leur entretient il avançait dans ses eaux inconnues et ça ne lui plaisait pas. _________________ => [Sujets en cours]
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|  | | Lord William Kragen Directeur et Professeur de Métamorphose


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 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Mar 13 Nov - 14:26 | |
| La porte s'était ouverte sur son impulsion et il était là, juste derrière.William le vit entrer dans la pièce , élégant comme à son habitude, ne laissant rien transparaître de ses pensées soudain c'était comme s'il se revoyait.
A son âge, il était légèrement plus petit que la moyenne, les cheveux en bataille, il commençait déjà à les faire pousser rien que pour ennuyer sa mère qui inlassablement pratiquait sur lui des sortilèges de coupe des cheveux. A l'époque Lord Kragen ou simplement Will comme on l'apellait était une tête brulée, une tête brulée de Pigalle, l'équivalent des serpentards à Beauxbatons, à l'époque. Il aimait à se faire remarquer par ses camarades, à jouer au plus malin avec les professeurs et se faisait jeter en retenu les trois quart du temps. Mais ce temps béni de l'insouciance passa vite, trop vite quelque part. Un soir au début de sa troisième année le conseil des anciens de sa maison décida de l'incorporer. Ils avaient attendu deux ans complets à cause des origines noble du 'Mylord' comme certains l'appelait. William n'avait pas eu peur de cette épreuve, il y était préparé depuis plus d'un an maintenant et s'attendait à un bizutage dans les règles de l'art. Au lieu de ça, ses camarades se contentèrent de lui faire signer un bout de parchemin et ils avaient, au comble du ridicule pour le petit anglais, fait que les caractères qu'il avait entré étaient devenu rouge sang et de la fumée s'en échappa. Les anciens paniqués se levèrent d'un bond et l'un d'entre eux, le plus maladroit semblait-il, fit tomber l'une des armures décorative. Le bruit alerta aussitôt leur directeur de maison. Lorsque celui-ci arriva et vit le parchemin, il ne s'énerva pas, il contenta de disputer les pigaliens restés debout. Tout le monde rettourna donc se coucher, le jeune William, plus inquiet que les autres. En effet, lui qui avait déjà eu du mal à s'intégrer à l'école s'il devait en plus subir une mise à l'écart à cause d'un fichu parchemin.
Mais le lendemain il n'y eu aucun bruit, aucune moquerie. Au moment du déjeuner il reçu un hiboux de la part de son directeur de maison et il vit que le chef de ceux qui se faisaient appelés les anciens en avait eu un aussi. Ils rejoignirent donc leur directeur le soir venu. Celui-ci leur raconta alors une histoire abracadabrante selon laquelle se devait être absolument Kragen le prochain chef et qu'il devait donc avoir une certaine immunité au sein de sa propre maison. Il renvoya ensuite le chef qui avait maintenant un nouveau bras-droit et garda William avec lui. Il lui raconta alros une chose encore plus incroyable. Il paraitrait qu'une chmabre secrète partait de la salle comune de la maison Pigalle et que son contenu n'était accessible qu'à ceux dont le nom s'était teinté de rouge et s'était mis à fumer sur le parchemin...
Le jeune homme mit un certain temps à croire ce qu'avait dit le professeur mais après un an et demi de recherches il avait fini par trouver...
*j'espère que leur secret à eux ne sera pas aussi sombre...*
Il était revenu à lui. Le flash-back n'avait duré qu'une dizaine de secondes qui avaient pu être interprétées comme un examen minutieux de son interlocuteur. Comme celui-ci était toujours en station debout, William lui pria de s'asseoir et referma la porte derrière lui.
-Bonsoir Monsieur Delcourt. C'est exact, je voulais vous voir mais d'abord, souhaitez-vous un jus de fruit, un café, une bierraubeurre ou toute autre boisson?
La question n'était qu'une simple courtoisie mais le directeur avait envie de faire douter encore un peu le jeune homme pour pouvoir peut-être le surprendre et obtenir plus facilement ce qu'il voulait de lui. Bien entendu, il ne doutait pas que le serpentard avait déjà compris que le directeur attendait quelque chose de lui, il n'avait rien fait pour le cacher... _________________
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|  | | Lilian Delcourt Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année


  Age : 19 Inscrit le : 06 Oct 2006 Messages : 428 Localisation : Au milieu des tensions.
 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Dim 18 Nov - 1:22 | |
| Lilian entra, suivit de quelques secondes silencieuses. Un homme, un adolescent, une expression semblable. Un visage fermé, froid et impassible. Deux fortes personnalités se rencontraient. Deux personnalités que l'attitude unissait et séparait. Peut-être auraient-ils pu s'entendre, dans un autre contexte, dans un autre temps mais, malgré la caractère accueillant de la pièce, la tension suintait de chaque recoin. Le Serpentard n'observait pas le directeur comme il aurait observé n'importe quel élève, afin de mesurer son intérêt et d'envisager l'attitude à adopter, il l'épiait derrière les murailles qu'il avait dressé. Qu'allaient-il se dire ? Il l'ignorait et se préparait à parer les mauvaises surprises. Un autre élève que lui aurait sans doute égrené malgré lui ses petits délits de collégien. Lilian ne les avait pas évoqués une seule fois. L'indiscipline marquait ses journées. Désinvolte en cours, sardonique et tyrannique dans les couloirs, adepte des escapades nocturnes, on ne comptait plus ses habiles détournements du règlement. Habiles, car il ne se faisait jamais reprendre à l'ordre, ou si peu. Son port trop noble, trop altier émoussait les repproches. L'image du prince voilait celle du fauteur de trouble numéro un. Leur échange muet fut court, mais révélateur. Ces craintes d'étudiants évincées, le statut d'élève du Serpentard s'effaçait, dominé, aspiré par son identité. Ce n'était pas une discussion ordinaire qui se préparait dans ce bureau. La hiérarchie semblait brisée, par la force d'un regard d'acier, qui, s'il attendait la réaction de son interlocuteur, s'il dépendait des mots qui se formeraient sur ses lèvres, semblait guetter l'instant où il faudrait frapper. Leurs cils battaient l'air, chassaient les secondes muettes qui se glissaient sous la porte pour étendre leur règne dans le couloir.
Kragen l'invita à s'installer, il s'exécuta. La souplesse de son mouvement tranchait avec la dureté de ses prunelles parée d'un bleu aussi sombre, aussi profond qu'un ciel nocturne dénué d'étoiles. Il le fixait toujours. Ça ne semblait pas lui poser de problème. On ne lui avait pas appris à reconaître l'autorité. Sa première gouvernante avait sucité sa révolte et la seconde son mépris. Le directeur de Poudlard, s'il était plus respectable, n'entrait pas moins dans la même catégorie et il ne pouvait pas l'ignorer. Il ne pourrait pas se jouer de lui. C'était lui qui l'avait convoqué, lui qui s'aprêtait à maîtriser le sujet de la conversation et il pourrait le tenir en haleine aussi longtemps qu'il le voudrait. Lilian ne pouvait rien envisager. Il restait dans l'obscurité, alors que le Lord pouvait mettre en perspective toutes les réactions que pourraient provoquer ses propos. Peut-être n'avait-il qu'une « simple » nouvelle à lui annoncer. Quelque chose de sordide comme « Ton père est mort. » mais, même si cette annonce était la moins risquée, elle faisait parti de celles qu'il avait le moins envie d'entendre. Non pas que la mort de son père puisse provoquer son chagrin, il s'en fichait puisqu'un néant absolu enveloppait son existence, mais il n'avait aucune envie de se le faire rappeler. Le sujet de sa famille avait toujours été terriblement tabou. Mais si ce qu'il avait à lui dire était tout autre ? S'il attendait une réaction bien précise de lui ? S'il cherchait à l'amadouer ? S'il lui tendait un piège ? Dans tous les cas de figure, il avait toutes les raisons de rester sur ses gardes.
Il avait espéré une entrée en matière directe mais il n'en fut rien. Le directeur le fit languir quelques secondes de plus. « Mais d'abord ». Ce mot tomba lourdement au fond de sa poitrine mais il se garda bien d'exprimer sa contrariété. Il n'était pas dans un bar, il n'avait aucune envie de boire puisqu'il venait s'abreuver de savoir. Et si ses boissons étaient droguées, comment pourrait-il le vérifier ? Oui, il envisageait toutes les possibilités, puisqu'il était calculateur à l'excès. Sa première idée fut de décliner l'offre mais il ne tenait pas à donner un nouveau prétexte à Kragen pour reculer l'objet de sa convocation. D'une voix posée, il répondit dans une tournure qui frôlait la provocation :
- Dans ce cas, servez moi un thé à la menthe.
Le « servez-moi » n'était pas anodin, vous vous en doutez bien. On l'aurait employé pour un serveur, on l'aurait éventuellement adressé au maître de maison qui en vous recevant veillait à votre confort mais on l'aurait volontiers évité face à son directeur. Le choix de la boisson était également critiquable. La politesse voulait que l'on opte pour une boisson citée, ce qu'il n'avait évidemment pas fait et il avait souligné son choix d'une précision qui faisait aussi toute la différence. Il ne fallait cependant pas y voir une marque de condescendance. Il n'avait aucune raison de l'être. Non. C'était de l'ironie. Un sujet qui semblait avoir une certaine importance allait être abordé, et, l'étiquette, ou la volonté de l'apaiser, voulait qu'on le pousse à la consommation, comme s'il venait d'entrer dans un vulgaire 'salon de thé' et qu'une discussion purement amicale se préparait. Kragen jouait avec ses nerfs, il ne pouvait le laisser passer. Il attendait la suite, et l'impératif suggérait son impatience. Il n'était pas question de tergiverser. Dans la langue du Serpantard, une formule toute faite et quotidienne pouvait signifier beaucoup. _________________ => [Sujets en cours]
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|  | | Lord William Kragen Directeur et Professeur de Métamorphose


 Inscrit le : 29 Sep 2006 Messages : 2086 Feuille de personnage Points de vol:
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 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Sam 24 Nov - 23:36 | |
| [ahhhhh je m'y essai, et c'est court, désolé...^^']
Le serpentard s’assit sous le regard légèrement vague du directeur. Celui-ci finissait son flash-back et, après lui avoir proposé une boisson l’entendit dire qu’il voulait un thé à la menthe. C’était une boisson saugrenue, pas l’une de celles qu’il avait cité enfin. Il lui servit alors, passant sa main au dessus du verre du jeune homme et fit apparaître ainsi le liquide. Il ne s’était pas attardé sur l’expression de Lilian, le fameux ‘servez-moi’ qu’il aurait du prendre comme une insulte mais dont il n’avait même pas fait attention. Il souhaitait obtenir quelque chose du serpentard et ce n’était donc pas le bon moment pour prendre la mouche ou ne serait-ce que montrer un signe de contrariété. Il devait garder son sang froid. Il ne devait pas se laisser déstabilisé et avoir par ce petit blanc bec. Encore une fois il se demanda si son choix avait été le bon, si un autre n’aurait pas été plus sûr et en même temps, Lilian Delcourt avait sa place dans Poudlard, ses avantages déjà acquis, sa notoriété et son charisme qui ferait qu’il pourrait lui être vraiment utile… Il se servit alors un verre de brandy qu’il sirota en cherchant ses mots. Il se lança enfin, de sa voix grave mais il ne parla pas trop fort de manière que le serpentard puisse l’entendre mais qu’il sente que ce qui se disait était confidentiel.
-Comme vous vous en doutez j’ai quelque chose à vous demander et si vous êtes ici aujourd’hui et non pas dans le bureau du directeur c’est que c’est quelque chose de personnel…
Il fit une pause, en effet, il avait choisit ce lieux pour sa praticité et pour sa discrétion. Le bureau du directeur était surveillé et les appartements… Leur utilisation aurait été beaucoup trop controversée, surtout en début de soirée comme ce soir-là… Il reprit après quelques secondes, le temps que Lilian comprenne bien ce qu’il disait.
-Pour en venir au sujet principal, je suppose que vous vous souvenez de ce qu’à dit le choixpeau lors de la cérémonie de répartition ? Il ne s’arrêta pas pour attendre une éventuelle réponse, la question était purement rhétorique. -Il s’en est suivit un certain nombre de recherches effectuées par les élèves et il s’avère que je souhaiterais, pour le bien de tous ses élèves, bien entendu, garder un œil sur ses petites affaires et avoir certains compte-rendus de leurs avancées…
Il laissa son discours en suspens. Il savait que le serpentard ne se laisserais pas berné et chercherait tout de suite à savoir ce qu’il allait obtenir en échange d’informations voire ce qui se cachait derrière cet intérêt pour cette fameuse quête comme certain l’appelaient déjà… Il attendait donc que Lilian arrive à la conclusion qu’il voulait l’utiliser pour espionner les autres et lui donne ses revendications… _________________
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|  | | Lilian Delcourt Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année


  Age : 19 Inscrit le : 06 Oct 2006 Messages : 428 Localisation : Au milieu des tensions.
 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Jeu 29 Nov - 20:23 | |
| Une fois de plus, Kragen ignora sa douce insolence, sa formule incongrue, sa commande fantaisiste. Dans une impassibilité marmoréenne, il se servit avec la simple paume de sa main. Même si les capacités magiques du directeur n’étaient plus à prouver, Lilian ne pouvait s’empêcher d’admirer ses talents, bien qu’il ne le montrât pas. Il se félicitait d’être l’un des éléments les plus brillants de son année mais la route qui menait aux grands sorciers était encore très longue. Il doutait atteindre un jour le panthéon des experts en métamorphose. Si cette matière ne lui avait jamais posé problème, son intérêt restait tourné vers les sortilèges, et plus particulièrement, les sorts offensifs. Rapides et efficaces, comme ses mots. Ses yeux céruléens se perdirent dans le liquide ambré, teinté d’un vert timide, qui reposait dans son verre, exaltant dans ses vapeurs de chaleur une agréable odeur de menthe. Le thé invitait la sérénité, convoquait d’indolentes conversations. Le choix de la boisson n’était pas un hasard. L’atmosphère allait s’alourdissant. Et repousser l’ombre du mystère qui les entourait ne ferait que l’appesantir, il en était certain. Si Kragen prenait tant de précaution, c’était que l’affaire était délicate. Il avait préféré se plier à ses caprices plutôt que d’affirmer son autorité. Lilian s’y attendait, dans quel cas, il ne l’aurait jamais provoqué. Le jeune garçon ne faisait jamais rien sans mesure. Pourtant, ce stoïcisme exacerba sa tension. Il n’est jamais bon de relever le sang-froid de votre interlocuteur dans une telle situation… Il attendait quelque chose de lui, c’était évident.
La confirmation tomba, sans ambages. Lilian releva aussitôt les yeux vers son directeur. La mine concentrée, le regard aiguisé, il l’écouta, avec une attention presque inquiétante. Les explications arrivaient enfin. Il n’avait donc rien à lui annoncer, mais cela ne le rassura pas pour autant. L’affaire était ‘personnelle’ disait-il… Une pause fut marquée. Le visage terne, le Serpentard attendit la suite. Qu’entend Kragen par là ? Il avait beau convoquer ses souvenirs, il ne voyait pas où il voulait en venir et il n’essaya pas de s’avancer dans des interprétations douteuses. Les propos du directeur s’orientèrent vers le discours que le choixpeau avait prononcé lors de la cérémonie. D’une façon ou d’une autre, il était clair que Kragen était mêlé à la réhabilitation inattendue d’une vieille histoire, tombée depuis des siècles dans les limbes de l’oubli. La belle saison avait été mouvementée par l’évasion controversée du criminel Alexandreï. Quelque chose se levait, en effet. Mais pourquoi le convoquer lui ? Lui qui avait toujours gardé une certaine distance avec le monde sorcier quand il n’était pas à Poudlard ? Il n’essaya pas d’acquiescer à la question du professeur. Ce n’était pas nécessaire. Il écoutait, avec un intérêt prudent. La méfiance s’alliait à la curiosité. Comme de nombreux élèves, il brûlait de découvrir l’énigme des fondateurs. Seulement, tout un mouvement s’orchestrait autour de cette énigme. S’il n’avait aucune raison de s’y trouver impliqué, il préférait opter pour la carte de l’ignorance. Les augures étaient peu favorables. Les informations manquaient, il ne pouvait évaluer avec précision les risques qui rôdaient autour de lui. Et, en digne représentant de Serpentard, il ne prenait jamais de risque quand il pouvait les éviter.
Kragen parla ensuite des recherches effectuées par les élèves. Pour sûr, elles ne manquaient pas. Et alors ? La plupart le faisaient par jeu et s’arrêtaient à la moindre difficulté quand ils ne se perdaient pas dans des interprétations farfelues qui ne convainquaient jamais personne d’autre qu’eux-mêmes. Il ne leur donnait pas un mois pour tout abandonner. Combien de personnes en ce monde avaient du suivi dans leurs idées ? Pourtant, son point de vue semblait diverger avec celui du directeur. Il voulait que ces petits détectives improvisés soient surveillés de près… Pour le bien de tous les élèves ? Lilian ne put s’empêcher d’hausser un sourcil dubitatif. S’il tenait à protéger ses élèves, il aurait tout fait pour endiguer leurs recherches, or… Il voulait les espionner. Aurait-il une idée plus précise quand à la nature du secret des fondateurs ? C’était évident. Le convoitait-il ? Certainement. Ce n’était pas avec ce genre d’excuses qu’il pourrait lui cacher une partie de la vérité. En était-il conscient ? Après un bref silence, le Serpentard répéta d’une voix traînante et appuyée :
- Pour le bien de tous les élèves ? – Avec un calme glacial il croisa les bras et se renversa dans sa chaise. - Ne me prenez pas pour un imbécile… Professeur. Si la mise en garde du choixpeau est avérée, et si les élèves couraient un véritable danger pourquoi ne les empêcheriez-vous tout simplement pas de chercher ? Je ne doute pas que vous soyez en mesure de les mener sur une fausse piste… Cependant, vous préférez les prendre en filature. En d’autres termes, vous avez besoin d’un espion dans les petits groupes d’investigation et vous leur imposez une protection par la délation. Vos procédés sont pour le moins curieux… Vous choisissez de laisser des élèves s’exposer pour… les cueillir lorsqu’ils approcheront une vérité qui vous échappe et ramasser le fruit de leurs découvertes ?
Il s’était exprimé d’une voix parfaitement maîtrisée, froide et cinglante. Le préfet en chef démonstratif et malicieux n’était plus. La couverture était tombée, et une nature beaucoup plus sombre paraissait. Son insolence n’était plus provocante, elle était mordante. Il trempa sans enthousiasme ses lèvres dans son thé. Kragen avait tout intérêt à jouer franc jeu avec lui. Il ne se laisserait pas manipuler. Si le directeur voulait éviter d’entrer dans les détails, il s’adressait à la mauvaise personne. Comment pouvait-il lui proposer le vil rôle d’espion ? L’aurait-il sous-estimé ? Etait-il en train de le tester ? Une pointe de contrariété tira ses traits. Kragen n’était plus le plus haut représentant de l’autorité de son collège, il n’était rien de moins qu’un adversaire. Il posa sèchement son verre sur le bureau. Dans un ton sans réplique :
- J’ignore tout des intrigues qui se tissent dans l’ombre du château. Je ne vois pas en quoi cette histoire me concerne. – Son regard se fit d’airain. - Comment osez-vous croire que je puisse accepter de devenir votre larbin ? _________________ => [Sujets en cours]
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|  | | Lord William Kragen Directeur et Professeur de Métamorphose


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 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Jeu 6 Déc - 9:53 | |
| William aurait pu sourire s'il n'avait pas les nerfs à vif. Le jeune Delcourt avait un certain culot et un bon sens de la répartie pour un élève de troisième année à peine. Il était certain que s'il finissait par accepter, ce serait vraiment bénéfique pour le directeur et son Organisation par après. Mais pour l'instant il fallait le convaincre ou tout du moins faire qu'il se braque moins pour pouvoir en reparler plus tard...
Il le regarda donc droit dans les yeux et laissa transparaitre certains de ses sentiments dans son regard lorsqu'il s'adressa à lui.
-Oui M. Delcourt, pour le bien de tous les élèves. Car je ne recherche pas l'objet ou la chose que cela peut être pour gagner moi-même en puissance ou autre. Et si quelque part je peux en retirer une satisfaction, ce n'est que secondaire à mes yeux. Et ce qu'il disait était la stricte vérité, il recherchait cet objet pour ses supérieurs... Mais il revint au sujet sur lequel le serpentard avait d'abord réagit.
-Ensuite, pour vous répondre, je ne peux pas interdire efficacement les recherches dans le château pour la simple et bonne raison que si je le faisais, les risques que prendraient ceux qui partiraient en quête en cachette, seraient plus grand encore que ceux qui s'y sont mis aujourd'hui. Cependant, il existe des risques et c'est pour pouvoir les prévenir que j'ai besoin de gens de confiance... Par ailleurs, vous croyez que cette vérité m'échappe mais les informations que j'ai pour le moment sur cet objet sont bien plus poussées que celles de ces élèves et c'est parce que j'ai ces informations que je sais qu'il faut les protéger malgré eux...
Il fit une pause.
-Maintenant je vous propose ce rôle particulier à vous car je crois que vous êtes le plus apte et le plus qualifié pour ça. Bien entendu je vous aurais aidé de mon mieux pour cette quête ou pour tout autre projet que vous auriez eu envie de faire... Mais si vous refusez eh bien, il me faudra trouver quelqu'un d'autre de motiver et bien entendu, ce sera lui qui aura mes petites faveurs...
Il regarda Lilian avec une lueur étrangement douce dans le regard, il aimait bien le serpentard mais s'il le fallait, il n'hésiterait pas à lui faire subir mille et un tourments... -Je sais que vous menacez ne servirait à rien, ni même essayer de faire marcher l'éternelle rivalité Gryffondor/Serpentard en proposant le poste à l'un d'entre eux, mais si je vous ais demandé de venir c'est que j'aimerais vraiment que vous acceptiez...
Il ne voulait pas le laisser parler tout de suite alors il ajouta assez rapidement: -Maintenant, je vous laisse me poser encore les questions que vous voulez mais sachez que je n'attend pas de réponse dans l'immédiat, vous pourrez prendre le temps de la réflexion...
Puis il se tut, s'attendant à subir remarques cinglantes sur remarques cinglantes... _________________
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|  | | Lilian Delcourt Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année


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 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Jeu 10 Jan - 21:46 | |
| Le regard fixe, Lilian attendait la suite. Sa tension s'était relâchée au fil des mots. Kragen n'avait manifestement rien de personnel à lui révéler. Si ses propos ne dissimulaient pas quelques volontés cachées, et face à un esprit aussi calculateur que celui du directeur le doute était toujours de mise, il ne cherchait qu'à solliciter son aide. A côté de ce qu'il avait pu imaginer, la requête semblait bénigne. Mais qu'en était-il réellement. Une affaire trouble. Un service soldé en mission d'espionnage. Et, surtout, une explication dont le degré de vraisemblance avoisinait le niveau zéro. Fallait-il s'en étonner ? Le Lord était avare de paroles, pas besoin d'être un fin observateur pour en convenir. Peu vétilleux, il se contentait des grandes lignes, attendait une réaction, approfondissait au besoin. Ainsi, la provocation s'imposait. Le préfet en chef n'était pas de ceux qui, faute de pouvoir s'affirmer, acceptaient un contrat sans mentionner ses nombreuses lacunes. Il ne possédait pas non plus de ces caractères impétueux qui s'élèvent et claquent la porte à la moindre contrariété. Lilian était le type même du joueur intéressé. Devait-il accepter ou décliner 'l'invitation' de son directeur ? La question passait au second plan. Toute demande devait se débattre. Serrer une main à moitié dissimulée dans l'ombre était inenvisageable. Sceller des accords sans débattre un prix était idiot. Le Serpentard se fit donc un plaisir de souligner les faiblesses du discours de son... adversaire. Il s'était exprimé sans considération pour son rang. Peu d'élèves, de troisième année surtout, en auraient été capable. Aucun pour être plus exact. Protester était une chose. Une chose à la portée de la première tête brûlée - neurones comprises en général - de la classe. Mais protester, susciter l'agacement sans suggérer la sottise tout en retenant l'exaspération était un art. Un art d'érudition. Un art politique.
Kragen garda son calme, même son stoïcisme parfait dévoilait une certaine contrariété ou, du moins, nervosité. Selon ses mots, il pouvait le perdre comme le gagner... Il lui répondit les yeux dans les yeux, commença par reprendre les propos qui avaient déclenché les premières critiques. S'il cherchait l'objet, ce n'était pas pour lui. Soit. Cependant, ses intentions demeuraient suspectes. Un directeur véritablement soucieux de la survie de ses élèves n'aurait-il pas d'emblée déclaré qu'il fallait trouver l'objet et se supprimer ou le cacher en lieu sûr ? Ce n'était pas clair. L'excuse qui suivit n'était pas non plus convaincante. Les investigations secrètes étaient peut-être plus risquées et la perspective de contourner les interdits pouvait prévenir les élèves de la lassitude. Néanmoins, envoyer de faux indices était toujours envisageable. Nous en revenions au même. Kragen comptait sur l'appui des élèves et ne se préoccupait pas tant qu'il le prétendait de leur sécurité. Attentif et dubitatif, Lilian le laissa poursuivre. « Maintenant je vous propose ce rôle particulier à vous car je crois que vous êtes le plus apte... »... Ses joues se fendirent d'un étrange sourire. Le passage tant attendu arrivait. Décidément, le directeur n'était pas très novateur.
Flatter l'ennemi, envisager à haute voix de déléguer la place à quelqu'un d'autre en mentionnant les avantages dont il bénificierait. Un classique souvent payant. Mais Lilian l'avait trop souvent pratiqué pour ignorer l'astuce. Il mettrait un autre élève sur le coup et... ? Et il n'aurait rien à regretter. Quoiqu'il arrive, il savait qu'il était l'élément le plus « intéressant » de Poudlard pour ce genre de tâche et il serait à l'abri des ennuis que promet une mission aux visées si imprécises. L'autre aurait les faveurs de Kragen ? Et après ? Il n'avait besoin de personne pour mener à bien ses petites affaires. Si l'éventuel favori du directeur essayait de jouer aux plus malins avec lui, il saurait comment le recevoir... L'idée d'avoir l'appui du Lord n'en restait pas moins séduisante. Ses idées de soirées à Serpentard, ses insolences en cours, ses virées nocturnes et sa tendance au despotisme n'iraient pas jusqu'à refuser une couverture de choix. Finalement, la ruse grossière et provocante, à son sens, de l'adversaire pouvait le retenir... Seuls les avantages l'intéressaient. Comme le fit remarquer Kragen, les menaces étaient vaines. Et il n'était pas encore né celui qui lui ferait ravaler sa fierté. Alors qu'il s'apprêtait à répliquer, le directeur ajouta qu'il était libre de l'interroger et qu'il pouvait prendre le temps de méditer l'offre. Il opina silencieusement. Puis, un sourire au coin des lèvres, une once d'insolence dans le regard, il déclara :
- Les menaces ne serviraient à rien en effet et vous pouvez aussi garder vos flâtteries et vos promesses à peine voilées. Si vous en doutiez, je ne mords pas à ce genre d'appât. Ce vice qu'est l'envie ne me consume pas et, sans vouloir paraître prétentieux – Ajouta-t-il avec une ironie adventice -, j'aurai toujours assez de fierté pour estimer les autres, si favorisés soient-ils, à l'aune des valeurs dictées par mon mépris.
Quelle impertinence ! C'était osé, il le savait. Il imaginait déjà la salve d'exclamations outrées qu'il aurait pu déclencher dans une assemblées de biens pensants. Et c'était sans compter les propos sur lesquels il venait de rebondir. Mais trèves de franches plaisanteries, il ne s'agissai pas d'un concours de répartie... Ah vraiment ? Pour un peu, il l'oublierait presque. La discipline n'était pas sa plus grande qualité, même s'il ne se privait pas pour l'imposer aux autres les jours où une passion dictatoriale s'emparait de lui.
- Mais pour revenir au sujet qui nous intéresse..., dit-il en retrouvant un regard neutre. Je me doute bien que vos connaissances sont beaucoup plus précises que celles des élèves, des professeurs et du ministère peut être..., croyez-vous que je prendrais la peine de creuser le problème si ça n'avait pas été le cas ? Et là est le problème. Je ne sais rien. Dans cette mesure, vous pourrez vous servir de moi plus que je ne vous rendrais service. Je n'accepterais jamais quelque chose aveuglément pour bénéficier des thuriféraires de favori du roi. Les avantages pourraient être intéressants, mais ils sont « petits ». Voyons donc si vous pouver pallier mon ignorance... puisque le choix des questions est libre... - Il prit son verre et l'observa en imposant de douces rotations au liquide. - Pourquoi cette relique, oubliée depuis des années fait-elle brusquement parler d'elle ? Je ne peux pas croire qu'il s'agisse là d'un hasard. Quels dangers, quels attraits et quels enjeux représente cet objet ?
Il leva un regard interrogateur vers le professeur. Les reflets ambrés du thé agité se mêlait au bleu profond de ses prunelles.
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|  | | Lord William Kragen Directeur et Professeur de Métamorphose


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 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Mar 5 Fév - 14:59 | |
| [on va tenter une réponse, j'espère qu'elle n'est pas trop indigeste >.<]
William savait que l'entretient qu'il était en train de passer avec le jeune Delcourt était tout bonnement primordial pour s'assurer de bons résultats quant à ce que lui avaient demander ses supérieurs aussi se retenait-il de remballer cet avorton à la langue beaucoup trop acérée. D'ailleurs, s'il n'avait pas eu une telle maitrise de lui-même, peut-être se serait-il énervé dés les premiers propos blessants du garçon et il aurait par la même fichu par terre le peu d'estime que celui-ci aurait pu avoir pour lui. Autant dire que ça aurait été fichu.
C'était donc toujours autant maître de son corps et de ses pensées et paroles, mis à part quelques signes extérieurs de fatigue, qu'il continuait cette joute verbale. Celle-ci, maintenant que le préambule était terminé et qu'il avait mis sa demande sur la table, s'orientait vers plus d'explications. Il ne doutait pas que le serpentard espérait obtenir des informations dont il pourrait user comme il lui chantait pour son propre bien. Malheureusement pour son égaux, le directeur n'avait que peu d'informations de ce type. La plupart de celles qu'il avait restaient générales et les autres, celles le concernant, il ne pouvait en souffler mot, ou alors en étant sûr que le jeune homme était prêt à les entendre ce qui n'était pas encore le cas. Il ne serait pas acquis à sa cause ce soir, William en était sûr.
-Ma foi, ce que je peux vous en dire changera peut-être votre pensée, encore que, il vous faudra y réfléchir plus que deux minutes pour cela. Je vais répondre à vos questions et j'ajouterais ensuite un petit quelque chose...
Il mis en ordre ses idées pendant quelques secondes puis bloqua son esprit à quiconque voudrait essayer d'y avoir accès, ennemi ou ami provenant de la conscience collective.
-Il me semble que si cette relique fait parler d'elle c'est que le monde est en changement. Nous sommes à une étape où d'anciennes magies tendent à disparaitre du fait de la progression technologique de l'homme. Il suffit de voir ce qu'arrivent à faire les moldus pour s'en rendre compte. Tandis que nous utilisons encore les hiboux, eux s'envoient des messages instantanés via leur technologie. Ils appellent ça le progrès et c'est ce progrès qui nous montre bien que le monde change. Mais revenons à la magie. Je viens de vous dire que le progrès fait que certaines anciennes magies, désuettes, tendent à disparaitre, hors, ceux qui en bénéficient depuis longtemps ne le souhaitent pas et en ce sens ils deviennent de plus en plus dangereux. Voilà pour la situation globale du monde. Par rapport à Poudlard et à ses créateurs, ceux-ci étaient des visionnaires, parmi eux, Helga Poufsouffle était une divinatrice très puissante qui a fait de nombreuses prophéties qui se sont toutes réalisées. L'une d'elle parlait notamment d'un grand bouleversement, pas uniquement de la montée d'un mage noir comme il en a souvent été question ses derniers siècles, non, d'un changement majeur.
Il fit une pause avant de continuer les sourcils froncés.
-Je n'en sais pas plus concernant cette partie de vos demandes, la prophétie a été perdue il y a longtemps mais elle devait certainement être ce qui a motivé les fondateurs de cette école a créé cet objet qui devait "aider à combattre la magie". Si cet objet est bénéfique ou maléfique je l'ignore, sa taille, ses spécificité, son champs d'action aussi. Ce que je sais c'est qu'il faudra certainement être un sorcier puissant pour pouvoir la contrôler seul et que par le passé nous avons souvent vu des sorciers de second plan ou inexpérimentés mourir bêtement à cause d'objets trop puissants pour eux.
-Vous me direz, s'ils en sont mort c'est qu'ils étaient effectivement trop bêtes puisqu'ils se sont risqués dans une aventure pareil sans être prêt. Et je suis tout à fait d'accord avec vous, néanmoins, je suis responsable des élèves de cette école et, bien que l'avenir de la plupart d'entre eux, je m'en fiche complètement, il est nécessaire que je ne les laisse pas mourir tant que j'occupe la place de directeur.
Il refit une pause avant de regarder Lilian dans les yeux et de lui dire ce qu'il lui semblait être les derniers mot de cette conversation, à moins que le jeune homme ait encore une objection.
-pensez ce que vous voulez de moi, mais sachez ceci, une puissance magique n'est jamais cachée seule, cependant elle est la seule qui m'intéresse. Ce que vous ferez, si vous acceptez, pour la trouver et ce que vous obtiendrez sur son chemin ne m'intéresse pas, sauf si vous estimez qu'il met en danger les autres... En bref, je suis persuadé qu'il n'y a pas que 'favori du roi' en jeu mais pour cela je ne puis vous accorder aucune certitude, M. Delcourt. _________________
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|  | | Lilian Delcourt Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année


  Age : 19 Inscrit le : 06 Oct 2006 Messages : 428 Localisation : Au milieu des tensions.
 | Sujet: Re: Entretien avec Lilian Delcourt [quête] Jeu 14 Fév - 13:46 | |
| Lilian s'exposait beaucoup depuis le début de l'entretient et, d'une certaine façon, le danger qu'il appelait en tendant ses piques l'amusait beaucoup. Au jeu du plus insolent, il avait un avantage non négligeable : on le demandait, on cherchait à le gagner et, de ce fait, il pouvait provoquer sans crainte. Si Kragen perdait patience, l'affaire serait perdue. Fier et joueur, le Serpentard retournerait aussitôt cette faiblesse contre lui en refusant catégoriquement le poste ou en élargissant les options avantageuses de son contrat. Tant qu'on ne lui cédait pas, Lilian ne lâchait pas. Il était redoutable et le directeur devait savoir que rien n'était jamais acquis avec lui. Il ne s'engageait pas, cueillait les opportunités et pouvait passer d'un camp à l'autre par simple caprice. Kragen risquait un pion avec lui. Pourtant, il n'abandonnait la la partie. L'affaire était-elle si importante pour qu'il s'attachât tant à sa collaboration ? Etait-il si indispensable ? Ou savait-il tout simplement qu'il ne pourrait pas le tromper ? Kragen avait toujours démasqué les fauteurs de trouble, même les plus habiles menteurs et de nombreux élèves s'accordaient à dire qu'il était occlumens. L'éventualité n'était guère réjouissante. Cet homme pouvait s'infiltrer dans son esprit à tout moment... Qu'il pût démasquer son rôle ne l'inquiétait pas réellement. Lilian songeait sourtout aux pensées plus profondes, qu'il pourrait soulever et il ne tenait pas à vérifier la rumeure... Mais, pour lors, le directeur n'avait aucune raison de chercher les informations à leur source. Il n'avait rien de concrêt à lui cacher et, si ça devait arriver, il ferait tout pour s'en prévenir. Veiller à garder un esprit parfaitement hermétique était l'une de ses principales préoccupations.
Une lueur d'intérêt perça sa neutralité lorsque Kragen déclara que ce qu'il pouvait lui dire sur l'affaire pourrait modifier ses positions. Ainsi, il se décidait enfin à parler... Il le fixa d'un regard pénétrant, déroulant chaque propos mentalement pour considérer tous les éléments mentionnés sans se laisser endormir par longueur du discours. Le monde changeait. C'était indéniable. La technologie prenait le pas sur la nature et les peuples autarciques de sorciers avaient de plus en plus de mal à se cacher. Ne parlons pas non plus des créatures magiques, qui souffraient parfois de la pollution et de certaines ondes et que les radars les plus sophistiqués pouvaient repérer. Les problèmes causés par l'évolution de la civilisation non magique étaient souvent abordés dans la Gazette du sorcier et, les mouvements extrémistes qui appelaient à la haine des moldus gagnaient chaque jours de nouveaux adeptes. Serpentard n'avait plus l'apanage des discours anti-moldus. Même les Poufsouffle s'y mettaient, au nom de l'écologie et d'autres choses qui passionnaient aussi une poignée de moldus. Chez les sorciers, la réaction était inverse. La masse considérait le progrès d'un mauvais oeil, et un échantillon de la population, fascinée par les avancées techniques, rêvait de posséder la « magie des moldus » et se tournait vers l'autre monde. Les idiots...
Kragen évoca les magies qui tendaient à disparaître. Son attention redoubla. Nous en revenions aux groupes extrémistes... Ceux-ci représentaient donc une véritable menace pour le monde ? Lilian avait entendu certains personnages affirmer qu'il était temps de reprendre l'oeuvre inachevée de Voldemort, d'exterminer tous les moldus influents, et d'asservir les moldus aux sorciers pour préserver et leur culture et leur planète. Ces discours ne le choquaient pas - ils choquaient de moins en moins – mais il n'y croyait pas. Pour vaincre les moldus et leurs armes massives, il fallait une organisation mondiale, l'éveil de toute la population sorcière. Ce n'était pas réalisable... Mais pourquoi évoquer l'actualité ? L' « Objet » s'éveillerait-il brusquement à cause de ces changements ? Et que venaient faire les mouvements extrémistes dans cette affaire ? Si Kragen en avait parlé, leur rôle ne devait pas être anodin. La prophétie d'Helga Poufsouffle ? Un grand bouleversement ? Ses yeux se plissèrent légèrement, comme s'il cherchait à voir plus loin. La situation allait donc s'aggraver, et les fondateurs le savaient ? Pouvait-on accorder une foi aveugle aux prophéties ? Dans la mesure où certaines ne se seraient pas réalisées si elles n'avaient pas été exprimées devant les personnes concernées, Lilian s'en méfiait. Et, même si les fondateurs avaient créé un objet pour prévenir un danger étaient-ils capable d'envisager la tournure actuelle du monde ? Ces sorciers avaient beau être puissants et intelligents, ils n'en restaient pas moins des âmes du moyen-âge. Les courants de pensée avaient bien changé depuis... Alors oui, cet objet était-il bénéfique ou maléfique ? La réponse était probablement plus contrastée. Il fallait songer à l'usage qu'on en ferait... A son interprétation aussi, si l'on considérait le lourd passage du temps...
De toute évidence, les élèves n'étaient pas capables de percer ces subtilités et si Kragen ne lui avait pas fourni toutes ces informations, il n'en mènerait pas beaucoup plus large. Il fallait leur épargner une mort prématurée. D'accord, mais d'un côté, on ne pouvait pas dire qu'ils ne l'avaient pas cherché. Certains se croyaient dans un jeu de piste. Lilian doutait qu'ils puissent parvenir à un résultat mais si c'était le cas ce serait bien fait pour eux... Kragen exprima sa pensée à voix haute comme s'il l'avait entendue. Il était certain que le décès d'un élève sous sa responsabilité serait très malvenu... Et pourtant... Quelque chose le dérangeait toujours. Quand le directeur repris la parole, le regard du jeune garçon arborait des tons plus sombres. Il en appela à sa convoitise en sous entendant que d'autres artefacts seraient peut-être découverts. Des objets renfermant des pouvoirs utiles ou dont on pouvait tirer un grand parti. La question méritait d'être étudiée, surtout si des imbéciles arrivaient à se procurer d'inestimables objets derrière son dos. Néanmoins, l'argument ne suffisait pas à convaincre Lilian. Il n'était pas assez cupide pour se lancer dans un affaire dont il ignorait les fils cachés afin d'obtenir des 'richesses' qu'il n'avait jamais désiré... Comme si les suggestions de Kragen avait eût un effet nul sur lui, le Serpentard déclara après un temps de silence :
- Deux minutes de réflexion ne serait pas suffisante en effet. Vos précisions ajoutent plus de points obscures qu'elles n'en soulèvent, et insister ce soir serait inutile. Pour l'heure, je préfère aviser de mon côté.
Il se leva sans attendre l'invitation de Kragen. Leur entrevue s'achevait, il l'avait senti, et, avant d'approfondir le thème, il préférait s'occuper seul du sujet, le considérer avec une attention plus fine. Dans ce bureau, le directeur pouvait inventer n'importe quelles histoires et, faute de matière, il serait bien obligé de le croire. Il inclina légèrement la tête pour le saluer, puis il se dirigea d'un pas tranquille vers la porte. Là, il s'arrêta et, dans une provocation ultime, il dit d'une voix neutre sans se retourner en posant une main sur le cadran :
- Et si cet objet avait un pouvoir extraordinaire, bénéfique pour l'usage individuel mais maléfique pour le reste du monde... Qu'en feriez-vous professeur ?
Sa main glissa, et il sortit. Ce qu'il en ferait lui ? Il le savait. Il le garderait. Et, justement, Kragen n'avait pas le profil d'un sage philantrope... Un objet avec un tel pouvoir était quelque chose dont on rêvait pour soi, mais qu'on ne souhaitait en aucun cas voir dans les mains d'un autre. Le sentiment de vulnérabilité et de faiblesse pouvait donner au plus méprisable des hommes des visées humanistes. _________________ => [Sujets en cours]
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