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Résidence de vacances

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Lilian Delcourt
Préfet-en-Chef, Serpentard, 3ème Année
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TaureauSerpent
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MessageSujet: Résidence de vacances   Sam 21 Juil - 10:36

[Ou, la suite de votre feuilleton favori ! Après Lilian et Nathanaël à l'école, Lilian et Nathanaël à la mer ! /sort/]

Une rolls noire s'arrêta devant une vieille maison en briques rouges aux allures de petit château. Les portes s'ouvrirent sur un chauffeur vêtu selon l'éthique puis sur un jeune garçon de treize ans qui semblait posséder la fierté et l'élégance propre à sa condition. Avec intérêt il supputa la demeure louée pour ses vacances. Un sourire satisfait approuva son choix. Il avait vu bon. La maison, située en bord de mer, était isolée des villes alentours, et l'endroit en lui-même n'était pas le plus touristique d'Angleterre. Nous étions en Écosse, loin des flux vacanciers, à l'écart des dards cuisants du soleil, mais proche en revanche d'une station balnéaire de sorciers. Lilian, « sang pur » élevé dans le mauvais monde, ne souhaitait plus se retrouver mêlé aux moldus depuis qu'il connaissait la condescendance, parfois involontaire, que leur réservait sa société. De toute façon, il n'était pas question de s'approcher d'un de ces villages de vacances stupide où les activités proposées rivalisaient de populisme. Nathanaël ne l'aurait pas non plus souhaité. Si son cousin manquait, selon lui, de vivacité et de caractère, il n'était pas exempt de bon goût. Sa destination de prédilection serait la sienne. Pour l'instant, il ne lui sacrifiait rien.

Le chauffeur passa devant lui avec ses bagages et il se retourna vers la voiture pour observer un Nathanaël aux prises avec Eugénie, sa bonne bavarde qui avait montré plus d'enthousiasme que sa gouvernante pour les accompagner. Étant donné leur âge, ils ne pouvaient malheureusement pas se passer de la présence d'un adulte. Le pauvre garçon devait soutenir une discussion portée sur la météo des deux semaines de séjour, agrémentée de quelques conseils de bronzage. Un pli moqueur se forma sur le visage de Lilian. Depuis qu'elle les avait rejoint à la gare de King Cross la jeune femme n'avait pas connu un seul moment de répit et, son cousin n'avait pas eu le bon sens, ou le courage, de la faire taire. Le serpentard avait bien évidemment laissé couler, trop heureux de voir Nathanaël prisonnier d'une situation aussi embarrassante. Il avait anticipé la scène et commandé en prévision un baladeur et des cds. Quelques groupes moldus valaient encore la peine d'être écoutés.


- Je vois que tu as déjà trouvé de beaux objectifs pour tes vacances. Je suis certain qu' Eugénie sera ravie de partager un bout de serviette avec toi, vous avez l'air d'avoir tant de choses à partager ! Lança-t-il sardonique à son cousin lorsque la bonne décida d'aider le chauffeur à monter les bagages. Même si je ne bénéficie pas de sa Grande expérience, je peux cependant te déconseiller le port des lunettes de soleil. Je sais bien que cet accessoire est indispensable pour donner un semblant d'intérêt à ceux qui n'en ont pas mais avec la marque du bronzage tu auras l'air encore plus idiot que d'habitude.

Un regard ironique appuya ses sarcasmes et il s'engagea dans l'allée qui menait à la maison. Il n'avait pas échangé de paroles avec Nathanaël depuis leur entrée, très remarquée, dans la luxueuse voiture, où il lui avait expliqué qu'il avait Tout organisé pendant qu'il se « tournait les pouces », et, comme toujours, il ne pouvait s'empêcher d'y glisser des pointes de malices. Ce n'était pas parce qu'il avait accepté de l'emmener au bord de la plage qu'il devait s'attendre à le trouver sous un jour différent. Il ne semblait pas s'être pardonnée sa faiblesse. Il avait même fini par se convaincre que l'idée de ces vacances venait de lui et qu'il n'avait pas eu besoin de la suggestion du poufsouffle pour les envisager. Son égoïsme n'était qu'une façade mais il y tenait. La gentillesse l'écoeurait, et il éprouvait toujours le besoin de l'excuser. Cependant, la gentillesse tenait ici un rôle très limité. Il avait surtout pris cette initiative pour plaire à son cousin et s'en rapprocher, loin de tous. Leurs rencontres à Poudlard étaient toujours secrètes. Il ne voulait pas que l'on soupçonne un attachement quelconque entre le préfet de poufsouffle et lui. Imaginez un peu le coup que cela porterait à sa réputation si l'on comprenait qu'une personne au sein de l'établissement était capable d'atteindre le Grand Lilian Delcourt et que cette personne était un gamin inoffensif de la maison des blaireaux ? Il n'était pas certain d'affronter avec intelligence les quolibets qui en découleraient, et il se sentirait probablement « obligé » de faire du mal à Nathanaël... Avec le temps, peut-être arriverait-il à voir les choses sous un angle différent.

L'intérieur du manoir proposait une décoration charmante, assez marquée par son époque de construction. Elle datait de 1898. Lilian visita à la hâte les 5 grandes pièces du bas et ne put s'empêcher de laisser traîner ses doigts sur les touches irrégulières d'un vieux piano à la peinture écaillée. Les quelques notes qui raisonnèrent lui arrachèrent une légère grimace, comme il s'en doutait, les propriétaires avaient laissé le temps le désaccorder. Il fit ensuite signe à son cousin de le suivre et gagna le premier étage en gravissant un escalier en colimaçon face à une baie vitrée. Un long couloir donnait accès à quatre grandes chambres. Eugénie les attendait au milieu des valises.


- Vous avez vu les chambres ? Elles sont vraiment très jolies ! Déclara-t-elle enthousiaste. Il y en a une rose, une bleue... Et il y a même un...
- Avez vous vu le salon Eugénie ? L'interrompit Lilian.
- Non pas encore, j'attendais de voir les chambres que vous prendriez avant de visiter le rez-de-chaussé. En tout cas, la chambre blanche et argent au fond du couloir est vraiment très...
- Le salon est Vraiment splendide, la coupa à nouveau Lilian avec un regard appuyé.
Une vague de déception passa sur le visage de la jeune femme. Elle avait enfin compris.
- Je... Oui, vous avez sans doute raison, je vais le voir de ce pas...

Elle recula de quelques pas et descendit les escaliers en trottinant sous le regard impassible de Lilian. Il poussa un soupir où se mêlait exaspération et soulagement puis se retourna vers Nathanaël avec un sourire de côté :

- Tu vois... Il est facile de repousser les gens sans passer par l'impolitesse et la brutalité. Même si tu n'as pas mon talent, tu devrais essayer plus souvent... Ne t'en fais pas, je vais m'arranger pour nous en débarrasser à plus long terme... , ajouta-t-il plus bas.

Malgré les apparences, ses paroles ne couvaient pas de mauvaises intentions. Il était facile de détourner une jeune femme aussi frivole qu' Eugénie de son devoir. Il n'aurait qu'à la poser sur le chemin d'individus de son âge, mâles de préférence. C'était une belle fille, on hésitait pas à lui tenir compagnie. Imposer sa présence à son cousin fut amusant pour ce trajet, mais il n'avait absolument pas l'intention de la supporter durant tout le séjour. Et, au final, il ne voulait pas qu'elle continue d'accaparer le jeune garçon comme elle venait de le faire.

- J'espère que l'endroit te plaît, enchaîna-t-il plus doux. Dépêche toi de te choisir une chambre.

L'heure ne semblait plus être aux moqueries. Les virements d'humeur de Lilian étaient souvent surprenants. Alors qu'il aurait pu se désigner une chambre, il avait l'amabilité de laisser l'honneur du premier choix à « son invité ». Autant dire que cela dissimulait encore quelque chose. Il savait très bien quelle chambre était susceptible d'avoir la préférence du jeune garçon. Il avait même demandé à la propriétaire de poser un bouquet d'orchidées blanches au chevet du lit... Lorsque son regard échouerait dessus, Nathanaël comprendrait vite. Si ses mots restaient mordants, le serpentard savait faire preuve d'une incroyable délicatesse dans ses gestes et ses attentions... En bas le vieux piano venait d'entamer la mélodie d'un chanteur de variété qui passaient souvent à la radio sur des accords terriblement faux. Accords bientôt recouverts par les cris ébahis d'Eugénie qui s'exclamait : « Incroyable ! Je fredonnais justement cette musique ! ».La maison était louée par une sorcière. Lilian leva les yeux au ciel. Il fallait qu'il se débarasse de cette moldue au plus vite... (et qu'il trouve un moyen de faire taire ce maudit piano...)

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Nathanaël Delcourt
Préfet de Poufsouffle, 2ème année
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BélierCheval
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Dim 22 Juil - 17:50

Le chemin jusqu'à la résidence avait été long, trop long. Entre Poudlard et King Cross, heureusement, le voyage avait été plutôt tranquille. Dans le train, le Poufsouffle s'était empiffré de Chocogrenouilles et d'autres sucreries et avait pu discuter avec quelques élèves de sa maison, avant de les saluer, le sourire aux lèvres. "A l'année prochaine." A la gare, Eugénie les avait rejoint et avait jeté son dévolu sur Nathanaël, qui dut supporter sa compagnie pendant tout le trajet de Londres jusqu'à leur lieu de vacances, en Ecosse. Le Poufsouffle l'avait écouté d'une oreille pendant la durée du voyage et s'en voyait au final bien gêné. Plusieurs heures s'étant écoulées, il s'était tout de même habitué. Cette jeune femme ne lui voulait foncièrement rien de mal... Elle devait être du genre à vouloir toujours être entourée. Mais cette fois, Nathanaël aurait bien voulu être seul. Le lieu où ils allaient résider pendant deux courtes semaines était une maison plutôt imposante aux briques rouges. On y voyait les traces des nombreuses années passées. Cependant, ça n'avait rien de décrépit. De plus, l'intérieur était des plus élégants. Ils furent quatre à sortir de la rolls noire qui les avait ammené jusque là ; le chauffeur, Eugénie et bien sûr, Lilian et Nathanaël. Eugénie semblait prodiguer des conseils à propos de la météo au pauvre Nathanaël et lorsque celle-ci alla aider leur chauffeur, Lilian ne manqua pas de faire une remarque.

- Je ne sais pas si Eugénie a encore des choses à me dire... si tu savais tous les sujets qu'elle a abordé... répondit Nathanaël, comme quoi il n'avait pas l'attention d'être de nouveau en tête à tête avec elle. Quant aux lunettes, encore aurait-il fallu qu'il en ait~

Le lieu lui rappellait vaguement la maison de Lilian. Après que ce dernier ait visité le rez-de-chaussé, ils montèrent tous les deux au premier étage et y retrouvèrent Eugénie. Les valises étaient déjà montées. Celle-ci ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche lorsqu'elle les vit. Cette fois, son intérêt se portait sur les chambres. Lilian, aussi sec que concis, lui "demanda" de rejoindre l'escalier et les pièces du bas. Nathanaël en était désolé mais tellement soulagé. Il ne pouvait qu'acquiescer malgré que les circonstances étaient plus propises à proposer à Eugénie de prendre congé. Là, la résidence était bien plus grande que la splendide Rolls. "...J'essayerai.." A présent, c'était aux deux jeunes garçons de s'intéresser au choix et de découvrir les chambres. "L'endroit me plaît, oui..." Mais Nathanaël ne pouvait en dire plus avant qu'il jette à coup d'oeil aux quatres chambres présentes. Le Poufsouffle appréciait beaucoup la tournure que prenaient ces vacances, malgré le "fardeau" que représentait la bonne... le chauffeur lui, se faisait discret... et puis au fond, Nathanaël aimait découvrir de nouveaux endroits. Quelle chambre choisir? La chambre rose semblait prédistinée à Eugénie. Au fond du couloir, comme la bonne l'avait évoqué, se trouvait une chambre aux couleurs blanches et argentées. Le son d'un vieux piano vint troubler le presque silence régnant à l'étage... sans s'en soucier, Nathanaël se dirigea à l'extrémité du couloir. La bonne n'avait pas complètement fermé les chambres, pressée par l'envie de toutes les découvrir. Nathanaël vit la lumière jaillir de la chambre blanche et ne se fit pas prier pour y entrer.

Celle-ci était d'un blanc immaculé, accompagnée d'arabesques argentées. Peu de meubles s'y trouvaient. Entre autres, une armoire, une table dans un coin de la pièce et un lit à baldaquin. Le lieu semblait ainsi seulement prédestiné à être occupé la nuit, point barre. Le lit était en bois et alluminium (je sais je cherche loin -.-; ) sans aucune fioriture bien qu'un peu archaïque mais pas démodé. Une lampe, posée sur la table de nuit, était en étain. Le regard de Nathanaël se posa sur un bouquet de fleurs, posé au chevet du lit. Quelle merveilleuse intention. Etait-ce un cadeau de la maison pour souhaiter la bienvenue et un bon séjour ? Nathanaël s'en approcha, stupéfait, et les transfera dans le vase, situé sur la table. Ensuite, il se retourna vers Lilian.


- Je crois que je vais choisir cette chambre, elle me convient bien. Lui dit-il, calmement. Le Poufsouffle n'avait pas bien longtemps réfléchi, et puis à quoi bon... le bouquet lui était peut-être destiné, à lui uniquement. Lilian et Nathanaël étaient seuls. Je sais que je n'ai même pas regardé la dernière chambre. Tant pis. Et toi... vas-tu choisir la chambre rose? Je ne pense pas. ahah... (¬¬;;;; ) bon...sur ce, il faudrait que je range mes affaires, seul. Je ne veux pas qu'Eugénie en profite pour me faire part une fois de plus de toutes ses connaissances...

Au fond, Nathanaël espérait de ne pas s'être trompé de chambre... Pour une fois que Lilian lui "donnait" le choix, qu'il se montrait aussi avenant. Cela n'allait peut-être pas durer, mais des situations dans le genre, il en aimerait plus souvent. Nathanaël se tenait de nouveau à côté de Lilian, sur le pas de la porte. Qu'allait-il bien se passer pendant ces deux semaines?
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Lilian Delcourt
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TaureauSerpent
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Lun 30 Juil - 12:33

Malgré le caractère pénible du voyage les nerfs de Nathanaël n'étaient pas affectés. La bonne Helga serait fière de lui. Peu auraient supporté ses sarcasmes après un tel calvaire. Son calme, même s'il agaça comme toujours le jeune garçon à langue fourchue, sauva cette belle arrivée d'une dispute. Là n'était pas le but du voyage et si Lilian ne semblait plus s'en soucier, le poufsouffle ne l'avait pas oublié. Il sut affronter toutes ses répliques avec indifférence. Son petit coup de colère dans la Grande salle à l'aube de l'année scolaire était déjà loin. Peut-être n'en verrait-il jamais d'autres. Nathanaël s'était habitué au tempérament de son cousin, comme on s'habitue au poison à force d'en subir les effets. Jusqu'à ce jour, personne n'avait réellement ignoré ses piques, même les plus anodines. Une simple taquinerie suscitait parfois des réactions démesurées. Il suffisait de voir quel outrage pouvaient représenter quelques sous entendus puérils pour le gryffondor moyen. La réaction de Jetta lors du dernier cours de métamorphose était un bel exemple. Nathanaël était le seul. Pour le faire réagir, il devrait aller très loin, mais il y avait un certain degré de méchanceté qu'il ne voulait pas dépasser, pas avec lui du moins... Alors il libérait son naturel moqueur, en atténuait la portée, et profitait de son absence de réaction pour éployer son caractère sans heurts inutiles. L'attitude de son cousin avait aussi des avantages...

Curieux de visiter la demeure, Nathanaël ne lui réserva que quelques évasives réponses. Son esprit était ailleurs, tourné vers sa future chambre. Pour une fois, les paroles d'Eugénie ne furent pas inutiles car elles attirèrent le jeune garçon dans la bonne pièce. La décoration était charmante, simple et lumineuse. Son cousin y adhéra de suite. Il avait vu juste. Si la présence des fleurs le surpris il n'en fit pas cas et les plaça très naturellement dans un vase, comme si leur bien être primait sur ses interrogations. Lilian apprécia cette attitude. Le bouquet lui plaisait, c'était le principal. N'ayant pas visité les autres chambres, il ne savait pas que seule la sienne s'embellissait de délicats végétaux. L'origine du présent appartenait aux doutes éloquents qui jamais ne s'affirment. Son QG trouvé, Nathanaël retrouva enfin l'usage de la parole. Plus léger, il glissa même dans ses phrases une « plaisanterie » classique destinée piquer la fierté virile des garçons. Lilian haussa un sourcil et, posant sur son interlocuteur un regard navré, il déclara :


- Mon pauvre Nathanaël, tu sais bien que je déteste le rose. - Il ne réagirait pas pour si peu. Au fond, il n'était pas mécontent de le sentir détendu. - Je crois que la bleue sera assez royale pour moi et je suis certain qu'aucune chambre ne te conviendra mieux que celle-ci.
Après lui avoir décoché un sourire en coin il décida d'aborder le « problème Eugénie ». A l'entendre le poufsouffle semblait lui demander implicitement de tenir la jeune femme à distance. Il n'avait pas à la craindre. Elle n'était pas gouvernante, elle était servante et il était son maître au même titre que lui. S'il n'exerçait aucune autorité sur elle, elle ne le lâcherait pas d'une semelle et il n'avait pas l'intention de la renvoyer pour lui à chaque fois. Il fallait qu'il apprenne à se comporter comme quelqu'un de son rang.
- Eugénie n'est qu'une domestique, et tu dois la traiter en conséquence, sans sentiments. Ce n'est pas à elle de t'imposer ses lois. Elle est ici pour son travail et non pour s'amuser. N'hésite pas à le lui rappeler. De toute façon, les objets ensorcelés de la maison vont occuper sa curiosité un certain temps. Des étincelles de malice brillèrent au bond de ses prunelles et balayèrent sa sévérité. - Il n'y a qu'à espérer qu'elle tombe sur un artefact anti moldu...

Il lui envoya un clin d'œil. Dans la chronique des faits divers de la gazette il était souvent question d'objets ensorcelés nuisibles aux moldus. S'il ne s'amusait pas à lire ces détails, on les retrouvait souvent dans les plaisanteries des serpentards au petit déjeuner. Quelques semaines plus tôt une fille un peu plus âgée que lui avait faillit s'étouffer avec son lait en apprennent l'aventure ridicule d'un certain M. Roberts qui s'était fait piéger dans le capot de sa voiture et avait fait le tour du quartier en battant ses jambes dans le vide

- Je vais chercher ma chambre, dit-il avec un sérieux retrouvé et il quitta la pièce en effleurant du bout des doigts la joue du jeune garçon.

Une chambre pourpre aux dorures passées faisait face à celle de son cousin. Sa décoration renaissance jurait étrangement avec les autres pièces. Des personnages s'agitaient autour d'un dragon grossièrement dessiné sur une tapisserie brodée qui occupait tout un pan de mur. Songeant que seul un gryffondor pouvait avoir si mauvais goût, Lilian se détourna du spectacle et suivit son idée première. La chambre bleue était la plus vaste du premier étage. Les murs se paraient d'une tapisserie beaucoup plus légère. Sur un fond blanc cassé s'entremêlaient de fins végétaux bleu foncés et se glissaient sous une vieille photographie ou derrière un miroir. Une grande fenêtre entourée de rideaux indigo et de voiles souples s'ouvrait sur un balcon d'albâtre. A l'opposé de la pièce, un bureau d'un blanc écaillé, coincé entre un coin et une cheminée entourée de marbre turquin, tournait le dos à la lumière. Au milieu, les pieds d'une table recouverte d'indigo et des chaises qui l'accompagnaient s'enfonçaient dans un tapis rond. Tous les meubles de la pièce arboraient un blanc usé et la plupart des objets peuplant la pièce étaient en porcelaine. Seul le lit ne s'accordait pas avec les teintes dominantes. Le couvre-lit matelassé était indigo mais, d'un bout à l'autre se dressait des colonnes en fer forgé, rejoints par un entrelacement de roses. Lilian songea que des lys auraient été plus appropriés. A sa grande surprise, les fleurs prirent aussitôt une autre forme tandis que dans son cadre une jeune fille aux cheveux courts et ondulés, coiffée selon la mode des premières décennies du XXe, s'exclamait courroucée : "Eh ! Je ne te permet pas de changer la décoration de ma chambre !". Il n'y prête aucune attention et, satisfait, posa sa valise sur le matelas.

**


Leur séjour suivait un cours tranquille. La demeure était agréable et ses hôtes enchantés posaient peu de problème. Il avait cependant fallut interdire à Eugénie de fredonner quoique ce soit dans le salon à cause du piano et la salière ne s'ouvrait que lorsqu'on la chatouillait. Comme Lilian l'avait prédit, Eugénie sympathisa dès le deuxième jour avec des habitants du village et on ne la voyait plus de la journée. Du reste, Lilian et Nathanaël étaient peu sortis. Ils s'étaient intéressés les premiers jours aux pièces du manoir, en s'attardant notamment sur les vieux livres qu'il abritait et sur les instruments de musique. Peu attiré par la plage, le serpentard s'isolait souvent pour lire dans le parc ou proposait une partie d'échec (sûr de sa victoire) à son cousin. Néanmoins, il lui arrivait de proposer des sorties. Durant cette semaine ils avaient donc été visiter un château du XIVe siècle, avaient fait un tour dans le village de vacances sorciers et avaient assisté à un concert de classique dans une église côté moldu et à celui d'un groupe de rock côté sorcier. Lilian faisait beaucoup d'efforts. Il en devenait presque agréable, même s'il restait toujours très moqueur. L'ambiance des vacances semblait le détendre. Peu de grandes discussions étaient à noter. Elles portaient la plupart du temps sur ce qu'ils venaient de voir quant Eugénie ne trouvait pas des sujets plus futiles.

La semaine avait filé à une vitesse phénoménale. Tout avait été si simple… Il avait l'impression d'être resté "loin de lui" tout ce temps, de se découvrir une nouvelle personnalité. En cette nuit étoilée, installé au bord des humides rochers, les jambes éclaboussées par des gerbes d'eau salée, ce sentiment le frappait. Toute son allégresse l'avait quittée pendant le dîner, et, oppressé, il avait éprouvé le besoin de s'isoler, de respirer. Alors qu'Eugénie leur relatait un nouvel épisode de ses aventures, il avait quitté la table sans s'expliquer et était descendu sur la plage. Vers quoi tout ceci allait l'entraîner ? La marée montait mais il ne s'en souciait pas. Il avait l'impression de s'être égaré en chemin. Ses sentiments étaient bien différents quand, quelques années plus tôt, il s'était recueilli en ce lieu. Il s'était senti seul. Aujourd'hui, il n'était plus sûr de l'être. S'il le voulait, il pourrait arrêter de jouer un rôle avec Lui. S'il le voulait…. Seul face à la mer et aux étoiles, on se sent capable de tout.

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Nathanaël Delcourt
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BélierCheval
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Mer 1 Aoû - 15:28

L'épisode du choix des chambres n'avait pas laissé les deux personnages monter sur leur grands chevaux et montrer une quelconque animosité... Nathanaël était focalisé sur les chambres, Lilian s'en voyait plutôt ravi. Peut-être était-ce l'ambiance des vacances mais chacun dans le manoir demeurait paisible. De son côté, Eugénie avait trouvé une occupation qui lui plaisait, c'est-à-dire sortir avec les jeunes du village. Le chauffeur ? On ne le voyait pas plus. Par les vieux livres de la demeure, on se rendait compte de la longue et riche histoire de leur gîte... ou alors, les anciens propriétaires étaient probablement tous de grands érudits, se dit le Poufsouffle. Mais la plus surprenante découverte était sûrement les instruments de musique. Outre les instruments habituels, ils y trouvèrent des intruments... locaux, dont la cornemuse. Celle-ci était enchantée et lorsque Nathanaël s'amusa à souffler dedans, tour à tour, des cris d'animaux se firent entendre. Si cela restait grossier, la chose amusa beaucoup le Poufsouffle... Il y avait aussi une harpe, celle-ci imitant le bruit de la mer. En tout cas, Nathanaël passa le plus clair de son temps à jouer sur le piano... après tout, il était bien plus doué pour cela. Lilian l'invita aussi à sortir, visiter à château, participer à des concerts. De plus, ils purent assister à des Highland Game, jeux sportifs d'écossais en kilt, mais n'y assistèrent pas dans leur intégralité. L'ambiance festive avec bière en abondance en devenait vite fatiguante... Lorsqu'ils rentraient au manoir après une longue journée, Eugénie s'amusait à leur servir des plats typiques de la région, qui étaient soigneusement offerts par les gens qu'elle s'amusait à fréquenter. Entre autres, ils furent obligés de manger du saumon plusieurs fois par semaine. Au moins, on ne pouvait pas dire qu'ils s'ennuyaient.

Une semaine était passée depuis leur arrivée au manoir. Tout se passait presque pour le mieux. Nathanaël avait l'impression qu'un poids s'était enlevé de ses épaules. Lilian continuait de le taquiner, mais cela n'en devenait pas désagréable. Cette fois, ils étaient en train de manger plus tard que d'habitude. Pendant ces quelques heures, c'est comme si Eugénie avait passé une journée de plus sans leur compagnie. Pendant le repas, elle ne fit que blablater. Lilian, sans prévenir, s'était levé pour se diriger vers la plage. Au moins, cela eut pour effet de couper net la servante dans son élan. Quelque chose le tracassait ? A cette pensée soudaine, Nathanaël s'inquiéta du cas de son cousin. Il finit avec empressement son plat et prit congé d'Eugénie. Nathanaël se rendit à son tour à la plage. Le soleil disparaissait peu à peu. De loin, le Poufsouffle remarqua la silhouette de son cousin. S'il le dérangeait, tant pis.. il n'avait pas qu'à partir aussi précipitamment et de manière aussi peu discrète.


"Ca ne va pas ?" S'inquièta le jeune garçon. "Après tout, tu ne veux peut-être que prendre l'air... bon, je me tais."

Nathanaël s'assit aux côtés de Lilian. Il aurait probablement du se taire. Lilian n'avait peut-être pas envie de partager ses pensées et la question de s'il allait mal n'était encore une fois pas des plus appropriées. Faites qu'il n'ait rien entendu. Lui, il ne se sentait pas si différent... peut-être était-il plus en confiance et savait que le Serpentard n'avait pas les mêmes exigences. Il est vrai qu'on est toujours un peu différent entre sa vie à l'école et celle extra-scolaire. Etaient-ils tous plus naturels ainsi ? Nathanaël posa son regarda sur l'Horizon. Etait-il le même que Lui?
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Lilian Delcourt
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Dim 5 Aoû - 17:22

Son humeur déclinait, le ciel s'assombrissait. Le monde s'unissait à lui, suivait ses ondes et les lui renvoyait, en gerbes d'eau glacée. L'écho des rouleaux accompagnait ses pensées, et donnait toute sa dimension à la tempête qui les agitaient. Semblables à une armada prisonnière de la colère des flots, elles s'entrechoquaient et disparaissaient tour à tour, attirées vers les profondeurs abyssales. Les fonds marins secoués avaient laissé remonter les carènes depuis longtemps échouées. Les cales s'ouvraient, libéraient des sentiments et des désirs oubliés qui perdaient leurs parures de poussière au contact de l'eau. Tout un pan de sa vie se noyait, et la lune éclairait en surface les images d'un lointain passé. Il avait quatre ans, il suivait sa nature et son instinct. Il ignorait tout des masques que viennent vous porter Souffrance et Maturité. La force du maëlstrom les lui avait arrachés. Une semaine avait tout réinitialisé et, comme un naufragé tend désespérément la main pour trouver l'appui d'une planche, il cherchait ses masques pour fuir sa confusion. Renoncer à ses rôles ? Cette pensée était absurde. Ils portaient désormais les fondations de sa personnalité. Il ne pouvait être sans, il ne se connaissait pas sans ses faux semblants. Les coquillages qui l'entouraient ne peuvent être sans leurs coquilles. Sans, il avait l'impression de révéler toute sa faiblesse.

Des pas raisonnèrent sur les pierres humides de la grève. Il ne se retourna pas. Il savait très bien à qui ils appartenaient. En le voyant quitter brusquement la table Nathanaël n'avait pas pu s'empêcher de le rejoindre. Peu de répit lui avait été accordé mais, au fond, s'était peut-être ce qu'il voulait. L'atmosphère qui régnait dans la salle à manger lui était insupportable mais s'il avait voulu trouver une longue solitude il ne serait pas resté sur les côtes qui bordaient la maison. Il ne réagit pas plus cependant lorsque le jeune garçon lui demanda d'une voix soucieuse s'il n'allait pas bien avant de se reprendre et de s'imposer le silence. Lilian laissa échapper un soupir d'où perçait une pointe d'exaspération. Le poufouffle avait au moins compris que sa première question était à éviter, elle était de celles qui hérissait les âmes irritables. Mais il était de coutume de s'inquiéter de l'humeur de ceux qui s'isolaient. La solitude n'était pas une norme humaine. Cependant, ses interrogations étaient fondées. Il traversait une sombre période. Les néons aveuglants, lumières artificielles de son univers intérieur, venaient de s'éteindre. Pour la première fois depuis des années il avait aperçu la lumière du jour et son intrusion avait été brutale. Pareil au vampire qui n'ose affronter les rayons du soleil, il n'osait s'enivrer de l'insouciance du vrai bonheur. Une transformation qui lui semblait irrémédiable l'en empêchait. Il ne pouvait ni ne voulait en parler. C'était son problème et si quelqu'un devrait le résoudre un jour, ce serait lui. Aussi, avec une ironie condescendante il répondit :


- Non, en effet j'étais sur le point de me suicider. Tu viens de me sauver la vie, quel héros tu fais ! Je ne t'en remercie pas. Mais si tu vas crier la bonne nouvelle sur la place publique on t'élèvera peut-être au pavois.

L'invitation au départ de la fin fut nié par le sourire espiègle qui l'appuya. Et, comme pour le retenir il se tourna vers les premières étoiles de la soirée et lança d'une voix lointaine, aspirée par les songes, quelques paroles qui n'engageaient rien.

- Nous sommes ici depuis une semaine et je n'avais encore jamais approché la mer. De nuit, elle mérite pourtant le détour.
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Nathanaël Delcourt
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Sam 11 Aoû - 20:47

Assurément, passer un séjour en Ecosse ne semblait présenter que des avantages . En plus de ne jamais être ennuyeuse dans le choix de ses activités, la région offrait de merveilleux paysages. Ils y avaient traversé de longues plaines verdoyantes, où d'immenses montagnes naissaient de ci et là. De plus, des lacs traversaient le pays de long en large. A vrai dire, c'était resplendissant. Et en cette soirée, ils se trouvaient tout deux devant la mer, songeurs. N'y avait-il pas meilleur tableau pour une nouvelle réunion ? La plupart des gens s'amusaient en ville, mais les bords de mer n'étaient pas encore envahis. Pour l'instant, ils étaient seuls. Nathanaël venait d'arriver mais Lilian ne se retourna pas. Peut-être était-ce sa manière a lui de laisser le Poufsouffle s'immiscer dans le cocon qu'il venait de se construire. Ce fut au plus jeune garçon d'intervenir le premier, irritant ainsi son cousin... Au moins, s'il réagissait de cette manière, c'est qu'il était toujours lui-même ! Nathanaël sourit brièvement, pour reposer son regard sur Lilian. Au fond, il ne semblait quand même pas au meilleur de sa forme. Cependant, ce dernier ne se gêna pas pour une fois de plus ironiser sur les propos de son cousin... de manière peu délicate. La référence au suicide mis mal à l'aise le jeune garçon, encore plus gêné par le rôle que lui imposait Lilian et surtout le fait qu'il puisse supposer que Nathanaël soit ainsi orgueilleux. Evidemment, il se doutait que tout cela n'avait pas lieu d'être. Ainsi, le Poufsouffle y fit abstraction, presque rassuré par les paroles qui suivirent. Elles étaient sujettes au paysage. N'était-ce donc pas sujet à rêverie ? Mieux vallait-il dériver sur ce genre dee choses plutôt frivoles et immuables que sur Ses vrais problèmes...

"Et tu as encore toute une semaine pour y retourner ! J'aime... beaucoup l'endroit...." continua Nathanaël, pudiquement.

Le Poufsouffle ne savait pas ce qu'il pouvait dire de plus. Ces quelques mots pouvaient largement suffire. C'était déjà bien qu'il n'y ait aucune impression de tension... ou presque. Nathanaël, tout comme Lilian, se mit à regarder les quelques étoiles qui éclosaient dans le ciel. Puis, celui-ci se leva pour se diriger encore plus près de l'eau, jusqu'à ce que les vagues puissent l'atteindre. L'intérêt était aussi de pouvoir toucher une parcelle de cet immense espace.


(voilààà, un rp d'une longueur plutôt habituelle pour moi u_u; pas le temps T_T)
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Lilian Delcourt
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TaureauSerpent
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Sam 25 Aoû - 22:55

Lilian connaissait trop bien Nathanaël pour ne pas deviner le malaise que suscita sa première réplique. Il avait été brutal et cynique. C'était un comportement sous lequel on le connaissait peu, mais avec le temps, il sentait que sa façon d'être évoluait. Il en avait assez de jouer en permanence les nobles distingués. Une nature bien plus âpre se tapissait au fond de lui. Sa vie en société l’avait fait évoluer. Il s’était entouré d’artifices pour mieux la dissimuler, cependant, le temps élimait les voiles épais qui la couvrait. Tous les instants n’étaient pas propices à l’ironie et aux belles phrases. S’enfermer obstinément dans le même registre était stupide. Il l’avait compris. Ses confrontations avec son cousin avaient su éveiller l’enfant sombre et réservé qu’il avait toujours été, et il l’avait accepté. Lilian commençait à trouver un juste équilibre entre les deux aspects de sa personnalité. La suite de ses paroles le prouva en revêtant son ironie habituelle et il sentit Nathanaël se vexer. Ce qu'il se plaisait à sous entendre ternissait la grande humilité du jeune garçon. Il en était parfaitement conscient. Bourreau des mots, il lui infligeait sa punition. Semblable au hérisson, il dressait ses épines. On ne pouvait effleurer son intimité sans se blesser. Et s'il baissait ensuite sa garde, il ne fallait jamais oublier son admonition première. Jamais oublier que la moindre maladresse pouvait balayer ses bonnes dispositions…

Son cousin eut la sagesse de ne pas répondre à ses provocations. Il ne releva que son invitation à la contemplation et, pour une fois, Lilian n'en éprouva aucune contrariété. Il n'avait pas envie de "jouer" ce soir. Il n'était pas d'humeur espiègle et l'atmosphère sereine bannissait les tentions humaines. La réponse du poufsouffle fut simple, classique. Comme toujours dans ces cas là, il mesurait ses mots, ne s'étendait jamais. Avec une once de regret, le Serpentard reconnu qu'il créait ce blocage. Nathanaël savait bien que s'il parlait trop, il risquait de se faire rabrouer par des sarcasmes acérés. Il l'avait complètement dompté… Cependant, lui non plus ne trouva rien à dire. Il n'y avait rien à dire, tout à sentir. Le calme et la fraîcheur vespérale, la lueur tamisée de la lune, la rumeur des vagues, les embruns de l'océan. Tous les mots du monde ne pourraient leur offrir un partage plus intense.
Attiré par l'immensité de l'océan, Nathanaël s'aventura dangereusement sur les pierres glissantes. Il le guetta quelques instants, d'un œil méfiant, puis, il se redressa, le rejoignit, fit glisser ses mains sur ses hanches, comme pour le retenir, et lui susurra au creux de l'oreille :


- La marée monte, ne te laisse pas happer par l'océan. Les dieux marins ne rendent jamais à la Terre ses trésors…

Avait-il jamais adressé de plus belles paroles à son cousin ? Il ne s'était jamais senti plus sincère, et surtout, plus libre de l'être. Sa réserve ne refit pas surface, il ne se braqua pas malgré lui. E pouvoir de l'océan était grand. Face aux larges étendues d'eaux, écrasé par l'infini de l'univers, les pieds couverts d'écumes, le visage, seul obstacle du paysage, offert aux vents, plus rien n'a d'importance. Un décors intemporel qui s'ouvre à l'éternel. Il serra doucement son étreinte autour de Nathanaël et tourna son regard vers le ciel par dessus son épaule. Alors qu'une armée d'astres lointains semblait nier son existence, il ne s'était jamais senti plus vivant.
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Mar 4 Sep - 20:14

Il y en a qui occupaient leur vacances à rêver, à profiter de la chance de ne rien avoir à donner, à flâner, d'autres à sortir chaque soir, à voyager. Mais chacune de ces vacances, dans un sens, remplissait son devoir ; interrompre la quotidienne routine pendant une, deux semaines voire deux mois. Ainsi, ce moment que partagait Nathanaël avec Lilian n'était que le logique prolongement de leurs vacances et qu'à la rentrée, il en serait tout autre. Mais tant pis, c'était bien comment ça... Il n'y avait pas à se soucier si cela allait continuer ou non. Dans cette invisible brume émanant de la mer, Nathanaël se sentait quelque peu grandit. Cela faisait déjà un an qu'il était à Poudlard, à peu près un an qu'il connaissait Lilian, et deux étés qu'il passait en sa compagnie. Il s'était passé tellement de choses en si peu de temps. Et justement, les évènements auxquels il avait dû faire face l'avait fait grandir. Son caractère restait tout entier, superficiellement crédule, mais au fond il était tout de même devenu plus indépendant et n'espérait presque plus de son cousin, bien qu'il cède à ses caprises. Malgré tout, des instants comme celui-ci le faisaient douter.

De ne pas s'être trop épanché sur le sarcasme du Serpentard avait été la meilleure solution. Cela ne convenait à personne mais au moins, cela n'envenimait pas la situation. Personne n'avait envie de jouer. Chaque geste avait son importance. Il n'y avait jamais eu de situation aussi sérieuse. Nathanaël s'en était allé au bord de l'eau, prendre une bouffée d'air pur, comme sous tension. Pour une raison qui n'appartenait qu'à Lilian, celui-ci alla rejoindre le Poufsouffle, posant ses mains en dessous de sa taille. Ceci s'accompagna de quelques mots, que seul Nathanaël pu entendre. Des mots bien doux. Une légère gêne s'installa, suite au déferlement de sentiments, laissant libre court à l'émotion. Sensible de nature, il s'en sentit ineffablement touché. Lilian l'étreignit. Comment pouvait-il l'en remercier ? Comment lui offrir au centuple ce qu'il venait de lui donner ? Rien. A vrai dire, à ne rien faire. Nathanaël se laissa enlacer, osant à peine du bout des lèvres émettre un quelconque son.


"Ce... cela n'est pas prêt d'arriver. Il n'y a aucune raison puisque ceux-ci sont précieusement gardés."

Ces mots étaient seulement pour acquiescer. Il n'y avait aucun sous-entendu égoïste de sa part. Il se laissait prendre et ne le regrettait pas. Au fond, Nathanaël espérait seulement que cela continue indéfiniment. Il vivait pleinement cet instant. Il baissa tout de même la tête, éloignant son regard des étoiles. Bercé par un illusoire chant éthéré, ses yeux voilés par ses paupières, il s'imaginait en des terres inconnues, dans les bras d'un amour retrouvé. Le temps semblait figé.

(c'est niais DX *casse tout)
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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Sam 8 Sep - 12:20

Il est de ces instants où la course folle du temps pourrait s'arrêter. Il est de ces instants où l'on se sent proche de l'idée d'éternité. Le jour ne devait jamais se lever, les vagues ne devaient jamais cesser de s'écraser sur les rochers, au rythme des battements de leurs cœurs. La fin n'était plus qu'un concept éculé. Elle n'était plus envisageable. Lorsque les sentiments entament leur ascension, il arrive un certain point où on ne la conçoit plus. Et brusquement, l'avenir se dessine avec évidence, le présent devient plus précieux, plus intense, et le passé est rejeté avec son lot de malheurs et de regrets. Que sont les pleurs ? Qu'est-ce que la haine ? La colère ? La tristesse ? Face à tous les sentiments négatifs, et bonheurs illusoires qui parsèment la vie d'un homme, un seul est positif. Et, lorsque l'on croit l'avoir atteint, tout le reste se fait lointain. Mais on ne l'atteint jamais. L'inconstance est le propre du temps. L'éternité n'existe pas sur terre. Ici tout commence, tout s'achève, et rien ne dure. Le dos offert aux vents frais et hostiles, le torse couvert par un corps chaud et réconfortant. Face à lui, l'amant, la mer, les astres. Derrière lui, la solitude, la roche, le vent. Il devrait se retourner, il devrait reculer. Le décors annonçait ironiquement la fin, proche ou lointaine, d'une histoire à peine commencée.

Et c'est avec un plaisir mêlé de mélancolie que Lilian étreignait Nathanaël. S'il n'envisageait pas la fin, il ne pouvait s'empêcher d'y penser. C'est là le propre des romantiques, des âmes torturées. Il y pensait, et cela donnait plus d'importance à la présence du poufsouffle. Ceux qui absorbent tout le bonheur qu'on leur donne sans réfléchir, sont, plus heureux certes, mais ne connaîtront jamais que jouissances, petites et vaines, de l'existence. Lui, il envisageait tout avec recul, tirait satisfaction de ses réussites mais laissait toujours la joie de côté. Il en faut beaucoup pour impressionner un esprit meurtri par un cœur trop réfléchi. Mais quand le dernier palier était enfin franchi, l'apothéose s'amorçait. Il y aurait des chutes. Nombreuses, douloureuses. Puis de nouveaux départs. Si Icare n'avait pas trouvé la mort en tombant, croyez-vous qu'il n'aurait pas retenté l'expérience ? Alors même que Lilian soufflait de douces paroles à Nathanaël, il savait que, si ses sentiments n'étaient pas prêt de changer, son attitude n'en serait pas modifiée pour autant. Ce sont des choses qui demandent plus de temps, et qui ne se produisent subitement que dans les contes pour enfants. Bien sûr, ils allaient souffrir. Suivre Lilian, c'était comme s'aventurer sur un chemin dressé d'épines au bouts desquelles éclosent de temps à autres de splendides roses qui arrivent à vous laisser entrevoir un univers merveilleux, inlassablement nié. Oui. Lilian était de ces personnes que l'on est prêt à suivre au bout du monde. De ces personnes qui, malgré leur comportement méprisable, savent toujours vous retenir avec une parole bien placée, et une sincérité qui inspire une culpabilité injustifiée…

Il écouta le murmure de son cousin. Ses paroles maladroites, peu assurées mais emplies de bonne volonté. Celle de le remercier, d'apprécier son attention. Un léger sourire effleura ses lèvres. Des trésors bien gardés ? Insinuait-il qu'il se sentait en sécurité avec lui ? Qu'il savait qu'il ne le laisserait pas tomber ? Il avait raison, sans doute. Lilian savait que personne ne toucherait à lui tant qu'il serait là. Il y a avait une grande noblesse en lui. Une noblesse qu'il était le seul à connaître. Si une scène similaire devait être présentée au grand publique, ce passage serait celui où le "héros" s'emporterait dans un beau discours où il promettrait à l'élu(e) de son cœur de sauver sa vie au dépend de la sienne. Mais ici, l'acteur principal était le type même de l'anti-héros. Il préférait ravaler ce genre de niaiseries. Pourquoi le dire ? Elles s'imposaient. Seuls les idiots en rajoutaient, persuadés que cela allait leur donner plus d'importance aux yeux de leur bien aimé(e). Et ce fut avec malice qu'il détourna ses paroles en question :


- En es-tu certain ?

Rien dans le ton n'appartenait au doute cependant. On y décelait plus volontiers une taquinerie entre deux êtres très proches, capables de trouver les réponses dans les questions de l'autre. La suite ne fut qu'un long silence. Une longue étreinte, réchauffée par le mouvement léger des doigts. L'eau salée inondait peu à peu leurs chevilles. Une heure passa, peut-être plus, peut-être moins. Il fallut bientôt rentrer, car on les appelait au loin. Il commençait à se faire tard, trop tard pour laisser deux enfants d'une douzaine d'année à leurs vagabondages vespéraux. Après avoir laissé Eugénie s'époumoner, Lilian finit par déclarer :

- Je crois qu'il est temps de rentrer.

Il décroisa aussitôt ses bras et se retira sans rien ajouter de plus. La fin était brusque. Il avança jusqu'à la fin de la grève sans se retourner et observa la silhouette sombre d'Eugénie qui criait toujours. Elle passa à quelques mètres de lui sans le remarquer et partit d'un pas précipité dans le sens opposé. Il la regarda s'éloigner un instant puis se retourna vers Nathanaël (qui l'avait rejoint entre temps) avec un sourire amusé.

- J'ai comme l'impression que nous allons trouver une maison bien calme en rentrant.

Et sans prévenir, il se baissa vers lui pour l'embrasser avant de prendre les devant pour regagner la demeure.

**


Je vous entend déjà. Et la suite ? Eugénie a eut le temps d'éliminer toutes les calories de son dîner avant de retourner dans la résidence où elle trouva les deux "fugueurs" couchés dans leurs chambres respectives. Après tout ce cinéma, c'est nul, je sais. Mais, Nathanaël est jeune voyez-vous. Et Lilian ? Eh bien... Il s'adapte.
Que dire de la semaine qui suivit ? Elle fut proche de la première. On put découvrir un Lilian plus tactile et plus affectueux, mais seulement à travers ses gestes et les vacances se finirent tranquillement. Hélas, le retour au manoir Delcourt et les visites incessantes des jeunes alentours effacèrent les belles promesses de cette soirée sur la grève. Il fallait s'y attendre…

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MessageSujet: Re: Résidence de vacances   Sam 15 Sep - 16:58

Quel avait été le commencement de toute cette histoire ? Par quel hasard s'étaient-ils rencontré ? Comme au début du Monde, apparemment, tout n'était parti de rien. Et voilà comment le monde avait évolué. Voilà où ils en étaient arrivé. En des lieux différents, à une période différente, tout cela se serait-il déroulé d'une toute autre façon ? Il semblerait que non. L'instant semblait irréel, voire personnel mais si universel. Pendant un long moment, ils restèrent là à ne rien dire. Tout était suffisant, rien ne manquait. Qui était celui qui en profitait le plus ? On ne le saurait jamais. Chacun se gardait bien de ne pas "dire" ce qu'il pensait.

Les propos simplets de Nathanaël semblait avoir encore fait réagir Lilian. A vrai dire, cela vallait également pour lui. Entre eux, prendre la parole semblait rare, bien que le Poufsouffle ne fasse pas si attention au poids des mots. Seules la maladresse et la "timidité" le faisait se taire. "En es-tu certain ?" Avait-il besoin d'y répondre ? Si un "oui" suffisait, Lilian compliquerait les choses, pourrait même reposer cette question, et ce à l'infini. Nathanaël se contenta juste d'un léger hochement de tête, mettant fin à leur courte "discussion". Pendant de longues minutes, rien ne vint les troubler, jusqu'à ce qu'Eugénie ne sorte et les invite à rentrer. Peut-être vallait-il mieux. Celle-ci, croyant se diriger en direction des deux jeunes gens, alla se perdre le long de la côte. Il se faisait tard, la nuit était tombée. Lilian s'était levé, s'amusant de la situation. Et comme pour conclure sur ce nouvel épisode (du Blaireau et Lilian à la mer =p), le Serpentard en profita pour embrasser Nathanaël. Ce dernier était plongé dans de vagues rêveries et nota à peine cette "tendre" intention. Il suivit ensuite Lilian. Leur vacances prenaient fin.

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Résidence de vacances

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