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42 rue de Warny Brund [Londres]

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Anna Dark
Préfete-en-Chef, Serdaigle, 3ème Année
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MessageSujet: 42 rue de Warny Brund [Londres]   Ven 3 Aoû - 19:04

42 rue de Warny Brund

Anna descendit de la voiture de son oncle et s'approcha lentement de la maison qui se trouvait devant elle. Sa façade était d'un blanc presque immaculé et le jardin ne présentait pas une seule mauvaise herbe. Une fois devant le portillon, Anna s'arrêta, repassant rapidement dans sa tête tout ce qu'elle allait dire à son père. Albert Hawkins rejoignit sa nièce et observa d'un œil suspicieux le jardin, comme s'il y cherchait un défaut, mais son entreprise sembla échouer puisqu'il s'adressa ensuite à Anna sans prêter plus d'attention à l'étendu verte.


-Tu veux que je vienne avec toi?
-Non, ça ira…

Et la jeune fille poussa le petit portillon pour pénétrer dans la propriété de son père. Elle traversa la toute petite allée très rapidement et appuya d'une main ferme sur la sonnette. Comme convenu, une sonnerie retentit au travers de la demeure. Aucun autre bruit ne se fit entendre, pas même le son d'une personne qui se précipite pour ouvrir. La Serdaigle posa alors délicatement sa main sur la poignée de l'entrée et la fit basculer vers le bas tout en poussant la lourde porte blanche. Elle jeta un dernier regard à son oncle par-dessus son épaule puis inspira profondément et entra.
Le hall était minuscule, deux personnes pouvaient y tenir tout au plus, et Anna prit soin de ne pas renverser un petit vase posé sur une petite commode. La maison semblait plongée dans un profond sommeil de par le silence qui y régnait mais aussi par l'absence de clarté. L'entrée s'étendait, par un étroit corridor, jusqu'à un petit escalier qui menait à l'étage supérieur, et de chaque côtés de ce couloir se présentaient deux portes. Celle à gauche semblait fermée à clé tandis que l'autre apparaissait sous la forme d'une arche, dévoilant le contenue de la pièce qui se trouvait derrière. Anna crut reconnaître une silhouette et décida donc d'y entrer: il s'agissait du salon. La salle était décorée par un papier-peint gris jaune sur lequel se prolongeaient les tiges de fleurs vertes. Une vieille cheminée faisait face à la porte; elle avait été utilisée récemment car des cendres menaçaient de s'étendre sur la moquette d'un vert pâle. Au fond de la pièce était installé une longue table d'ébène de grande épaisseur avec des motifs sur les rebords, comme des torsades ou encore une fois des feuillages. Près de la fenêtre et à la droite d'Anna étaient installés deux sofas vert kaki et un petit fauteuil voltaire de la même couleur. Tout cela relevait d'un affreux mauvais goût.
Anna prit silencieusement place sur l'un des sofas et contempla son père, installé sur le fauteuil, face à la fenêtre. Ses yeux exorbités étaient tournés vers l'extérieur, mais en vérité, son regard se perdait dans le vide. Elle avait du mal à percevoir son ventre se soulever au rythme de sa respiration et son teint pâle et maladif ne la rassurait pas. Elle détourna à son tour son regard vers la fenêtre, cherchant ce qui pouvait ainsi captiver son père. Dehors, un immense marronnier recouvrait de son ombre protectrice trois bancs en bois. L'un était occupé par deux vieillards en train de somnoler tandis que les deux autres étaient vides. Adossés au tronc, un petit groupe d'adolescent discutait calmement et sous le regard protecteur de leurs parents, de jeunes enfants jouaient calmement.

Un bruit soudain la ramena à la réalité et Anna reporta son attention sur son père. Il venait de tousser et cela semblait l'avoir tout autant sortit de ses songes. Ses yeux rouges se posèrent alors sur Anna tandis qu'un mince rictus se dessinait à la commissure de ses lèvres.


-Anna! Comme je suis content de te voir! Mais quel dommage, tu va rater ta mère, elle est partie chez son cordonnier pour qu'il répare sa paire de chaussures, elle assiste à une grande réception demain.
-Mais…maman est morte…

Son père ne répondit rien et ne la quitta pas du regard. Ses yeux trahissaient les larmes qu'il avait versé. La jeune fille ne bougea pas d'un poil, droite, le visage de marbre, elle n'afficha aucune expression. Le silence pesant qui s'était installé devenait gênant mais pour une fois, Anna ne se mordit pas la lèvre inférieure comme à chaque fois qu'elle faisait une erreur. Et après quelques minutes silencieuses, son père reprit la parole sur un ton de déception et d'incrédulité.

-Elle m'avait prévenue que tu dirais ça, et à ce moment là, elle m'avait demandé de te remettre ceci.

Entourée par les canapés, une petite table en verre se tenait debout et sur elle un petit coffret qu'Adrian poussa lentement vers sa fille. Anna s'en empara alors délicatement et jeta un coup d'œil interrogatif à son père. Elle tourna la petite clé et souleva le couvercle pour découvrir son contenu. Il s'agissait d'une toute petite broche déposée parfaitement sur un coussin de velours. Anna tendit sa main pour la toucher mais elle fut stopper dans son geste par un bruit soudain à la fenêtre: il commençait à pleuvoir. Anna se leva précipitamment et tourna vers son père un regard désolé.

-Oncle Albert m'attend dehors, je dois y aller. Je…merci pour ce cadeau.

Et sans aucun geste affectif envers son père, elle se précipita à l'entrée où elle ouvrit rapidement la lourde porte pour courir jusqu'au portillon, rejoindre son oncle. Celui-ci jeta un coup d'œil interrogateur au coffret qu'Anna portait dans les mains et l'entoura d'un bras protecteur pour la placer sous le parapluie qu'il avait sortit.

-Qu'est-ce que c'est que ça? C'est ton père qui te l'a donné.
-Je…oui, enfin c'est de la part de maman. Il croit toujours qu'elle est en vie et apparemment si j'ai bien comprit, ce que contient ce coffret devrait me convaincre aussi.
-Te convaincre? Je n'aime pas ça…

Puis ils arrivèrent à la voiture où ils se mirent rapidement à l'abri de la pluie. Albert tourna la clé de contact puis démarra pour quitter le plus vite possible ce quartier. Anna jeta un dernier regard à la bâtisse et crut reconnaître son père à la fenêtre qui les regardait s'éloigner…
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